Génocide arménien : des précisions sur la publication du Saint-Siège

Pour « faire œuvre d’Histoire »

| 1882 clics

ROME, Mercredi 6 juillet 2011 (ZENIT.org)– La mort de millions d’Arméniens tués en 1915 par les Turcs ottomans fera l’objet d’une publication des Archives secrètes du Vatican, a annoncé mardi le préfet de ces archives, Mgr Sergio Pagano (cf. Zenit du 5 juillet 2011).

Aujourd’hui Radio Vatican apporte des précisions sur cette publication de documents inédits en soulignant qu’il ne seront pas publiés « pour créer la polémique », mais pour « faire œuvre d’Histoire ».

Le génocide a débuté le 24 avril 1915 à Istanbul, capitale de l’empire ottoman, avec l’assassinat de 600 notables arméniens sur ordre du gouvernement.

A la fin de l’été 1915, les deux tiers des Arméniens de Turquie auront péri dans des conditions généralement épouvantables. Les autorités turques parlent depuis de « massacre ».

Jean-Paul II en visite à Erevan en 2001 est plus précis, fait observer Radio Vatican : après avoir prié devant le mémorial des victimes il a en effet dénoncé « l'extermination de 1,5 million de chrétiens arméniens, dans ce qui est généralement considéré comme le premier génocide du 20e siècle, et l'anéantissement de milliers d'autres sous l'ancien régime totalitaire (soviétique) sont des tragédies qui vivent encore dans la mémoire de la génération actuelle ».

A l’époque, le pape Benoît XV avait écrit au Sultan pour implorer sa clémence.

Et lors de sa visite à Istanbul en 2006, Benoît XVI a rendu grâce à Dieu « pour la foi et le témoignage chrétien du peuple arménien, transmis de siècle en siècle et parfois dans des circonstances tragiques, comme ce fut le cas au siècle dernier ».

La bibliothèque vaticane a des preuves et des témoignages de ces événements tragiques. Ils feront l’objet d’un livre coédité prochainement par le service des Archives du Vatican.

Ce volume rassemblera des récits décrivant dans les moindres détails les tortures subies par les victimes.

Radio Vatican cite le fait que les soldats ottomans faisaient des « paris » sur le sexe des fœtus des femmes enceintes avant de les éventrer.

Anita S. Bourdin