Grande-Bretagne : Les agences catholiques d’adoption face aux couples homosexuels

Déception du cardinal Murphy O’connor

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ROME, Vendredi 2 février 2007 (ZENIT.org) – Malgré l’appel des évêques et des autres confessions religieuses en Grande-Bretagne, le Premier ministre a annoncé que les agences catholiques d’adoption ne pouvaient être exemptées des lois qui préviennent les discriminations.



L’une de ces lois est « L’Equality Act 2006 », qui entrera en vigueur au mois d’avril après l’approbation du Parlement le mois prochain. Celle-ci interdit de refuser des biens, un service, ou d’accorder des facilités sur la base du sexe. Cette loi obligerait par conséquent les agences catholiques à accepter les demandes d’adoption de couples homosexuels.

Dans une déclaration, le cardinal Cormack Murphy O’connor, président de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles, s’est dit profondément déçu par cette décision.

La semaine dernière, le cardinal avait souligné dans une lettre envoyée au Premier ministre Tony Blair et aux membres de son cabinet que la réglementation prévue obligerait les agences catholiques à « agir contre les principes de l’enseignement catholique ».

L’exemption demandée par l’Eglise catholique de Grande-Bretagne, appuyée par les évêques d’Ecosse, l’Eglise anglicane et le Conseil musulman de Grande-Bretagne a été refusée. Le premier ministre a fait savoir que l’Eglise avait 21 mois pour appliquer la loi.

Le cardinal Murphy O’connor a affirmé : « Ce débat a soulevé des questions cruciales pour le bien commun de notre société. Nous pensons qu’il est urgent d’arriver à un nouveau consensus sur la manière de protéger le rôle public des organisations religieuses et défendre leurs droits ».

« Nous sommes profondément déçus par la décision du Premier ministre de ne pas accorder d'exemption à nos agences », a-t-il déclaré.

« Nous espérons que le débat parlementaire affrontera certaines des questions fondamentales basées sur le bien-être de l’enfant dont les besoins doivent toujours être mis au premier plan », a poursuivi le cardinal.

« Cela dit, nous remarquons et apprécions que le gouvernement ait dit souhaiter que l’expérience et l’excellent travail de nos agences ne soient pas perdus, surtout en faveur des enfants qui sont dans le besoin », a-t-il ensuite ajouté.

« Nous apprécions qu’une période de deux ans ait été prévue pour permettre une évaluation indépendante ».

« Nous soulignons que l’un des objectifs de cette période sera de ‘garantir que la précieuse compétence de ces agences d’adoption inspirées de la foi, à trouver une famille aux enfants plus vulnérables, et à offrir une vaste gamme de services post-adoption, soit maintenue et développée’. Durant cette période, les autorités locales continueront à soutenir et financer nos agences catholiques dans leur travail fondamental », a souligné le cardinal O’connor.

Le cardinal Murphy O’connor a ensuite réaffirmé le désir des évêques de collaborer avec le gouvernement : « Une partie importante de notre tradition catholique est de travailler de manière constructive avec le gouvernement, dans une coopération basée sur le respect mutuel, où l’on peut agir avec confiance et intégrité au service du bien commun ».