Gratitude de Benoît XVI envers ses collaborateurs de la curie

Fin de la retraite de carême au Vatican

Rome, (Zenit.org) Benoît XVI | 1659 clics

Au moment d’achever la retraite de carême au Vatican, samedi matin, 23 février, en la chapelle Redemptoris Mater du Vatican, Benoît XVI a chaleureusement remercié la curie romaine de sa proximité et de son aide pour l’accomplissement de son service pétrinien.

Voici les paroles prononcées par Benoît XVI, en italien:

Cher frères, chers amis !

A la fin de cette semaine si dense spirituellement, il ne me reste qu’un mot : merci ! Merci à vous de cette communauté priante et à l’écoute, qui m’a accompagné durant cette semaine. Merci surtout à vous, Eminence, de ces « marches » si belles dans l’univers de la foi, dans l’univers des psaumes. Nous avons été fascinés par la richesse, par la profondeur, par la beauté de cet univers de la foi et nous vous sommes reconnaissants parce que la Parole de Dieu nous a parlé d’une façon nouvelle, avec une force nouvelle. Le fil conducteur était : « Art de croire, art de prier ». Il m’est venu à l’esprit le fait que les théologiens médiévaux ont traduit le mot « logos » non seulement par « verbum » mais aussi par « ars » : « verbum » et « ars » sont interchangeables. Ce n’est qu’avec les deux ensemble que pour les théologiens médiévaux apparaît toute la signification du mot « logos ». Le « Logos » n’est pas seulement une raison mathématique : le « Logos » a un cœur, le « Logos » est aussi amour. La vérité est belle, la vérité et la beauté vont ensemble : la beauté est le sceau de la vérité.

Cependant, en partant des psaumes et de notre expérience de chaque jour, vous avez aussi fortement souligné que le « très beau » du sixième jour – exprimé par le Créateur – est sans cesse contredit, dans ce monde, par le mal, la souffrance, la corruption. Et il semble presque que le malin veuille sans cesse salir la création, pour contredire Dieu et pour rendre sa vérité et sa beauté méconnaissables. Dans un monde tellement marqué aussi par le mal, le « Logos », la Beauté éternelle et l’ « Ars » éternel, doit apparaître comme “caput cruentatum”. Le Fils incarné, le « Logos » incarné est couronné d’une couronne d’épines ; et cependant, c’est justement ainsi, dans cette figure souffrante du Fils de Dieu, que nous commençons à voir la beauté la plus profonde, de notre Créateur et Rédempteur ; nous pouvons, dans le silence de la « nuit obscure », écouter cependant sa Parole. Croire n’est rien d’autre que, dans l’obscurité du monde, toucher la main de Dieu, et ainsi, dans le silence, écouter la Parole, voir l’Amour.

Eminence, merci de tout, et faisons encore d’autres « marches » dans ce mystérieux univers de la foi, pour être toujours plus capables de prier, d’annoncer, d’être des témoins de la vérité, qui est belle, qui est amour.

Enfin, chers amis, je voudrais tous vous remercier, et pas seulement pour cette semaine, mais pour ces huit années au cours desquelles nous avez porté avec moi, avec une grande compétence, une grande affection, un grand amour, une grande foi, le poids du ministère pétrinien. Il reste en moi cette gratitude et même si la communion « extérieure », « visible » s’achève maintenant – comme l’a dit le cardinal Ravasi – il reste la proximité spirituelle, il reste une communion profonde dans la prière. Avec cette certitude, nous allons de l’avant, sûrs de la victoire de Dieu, sûrs de la vérité de la beauté et de l’amour.

© Libreria Editrice Vaticana

Traduction de Zenit, Anita Bourdin