Grave crise humanitaire au Liberia : Appel des évêques d’Irlande

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ROME, Dimanche 8 octobre 2006 (ZENIT.org) – Devant la gravité de la crise humanitaire qui sévit au Liberia, les évêques d’Irlande demandent au gouvernement irlandais de soutenir une intervention en faveur de ce pays d’Afrique de l’ouest.



Dans un communiqué publié dans le cadre de l’assemblée plénière de la conférence épiscopale, la Commission des évêques d’Irlande pour la Justice et les Affaires sociales (ICJSA) souligne quelques aspects de la crise au Liberia.

La guerre civile, qui a duré 15 ans, a engendré un million de réfugiés, soit un tiers de la population.

Les évêques demandent au gouvernement irlandais de s’assurer que l’aide octroyée au Liberia soit distribuée de manière juste et efficace. Ils demandent par ailleurs au gouvernement de continuer à apporter son soutien pour le maintien d’une forte présence de l’ONU dans le pays.

Les premiers soldats sont arrivés au Liberia il y a trois ans. Un détachement de 450 hommes des Forces de Défense Irlandaises a été envoyé en avant-garde dans le cadre d’une importante opération de l’ONU qui a rétabli la paix et une relative stabilité dans le pays.

« Il est difficile de mesure l’ampleur de la crise humanitaire qui sévit au Liberia, après plus de 15 ans de conflit presque permanent », affirme Mgr Raymond Field, président de l’ICJSA.

« L’ensemble des infrastructures est dans un état de délabrement partiel ou total », ajoute l’évêque auxiliaire de Dublin. « Le Liberia ne possède à l’heure actuelle pratiquement aucun réseau d’électricité en état de marche car la guerre civile a détruit presque la totalité de l’infrastructure électrique. Le réseau téléphonique est par ailleurs extrêmement primitif et limité à certaines zones de la capitale Monrovia. Enfin, les réseaux routier et ferroviaire sont pratiquement inexistants ».

L’évêque irlandais souligne que « ces statistiques ne suffisent pas pour mesurer l’ampleur de la crise au Liberia » où les questions les plus urgentes à traiter sont les questions de « santé et d’éducation ».

Mgr Field explique qu’il n’existe pas de structures d’assistance médicale adaptées au Liberia et que 90% des structures existantes dépendent totalement du soutien d’organisations non gouvernementales externes pour leur approvisionnement. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans et des mères, est le cinquième plus élevé au monde.

L’éducation est également en crise. Mgr Field précise qu’entre 65 et 75% des adultes sont illettrés. « Trois-quarts des écoles ont été sévèrement endommagées au cours de la guerre civile, explique-t-il, et de nombreux enseignants ont fui le pays ». L’évêque précise que près de 500.000 enfants n’ont pas eu la possibilité d’aller à l’école.