Grégoire le Grand et la « personne humaine » : les racines de l’Europe

Congrès du XIVe centenaire de la mort du pape

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CITE DU VATICAN, Dimanche 26 octobre 2003 (ZENIT.org) – Que l’Europe mette en valeur les racines classiques et chrétiennes de l’Europe. C’est l’appel adressé par le pape Jean-Paul II à un congrès international sur la figure du pape Grégoire le Grand, à l’occasion du XIVe centenaire de sa mort. Un pape qui a mis en valeur le caractère transcendant de la personne humaine.



La première page de L’Osservatore Romano de ce dimanche s’ouvre sur ce thème repris semaine après semaine : « L’Europe est chrétienne ou elle n’est pas l’Europe ». Le quotidien de la Cité du Vatican reprend, dans son édition en italien un passage du message de Jean-Paul II pour le XIVe centenaire de la mort de saint Grégoire le Grand (v. 540-604).

Le congrès romain est organisé par « L’Accademia dei Lincei » et le comité des Sciences historiques sur le thème: « Grégoire le Grand, XIVe centenaire de sa mort ».

Ce pape, rappelle Jean-Paul II, a mis en lumière « le primat de la personne humaine », non seulement dans sa dimension physique, mais aussi par sa « constante référence à son destin éternel ». Un principe auquel, souligne Jean-Paul II, « le monde d’aujourd’hui doit redevenir plus attentif ».

Mettant l’accent sur l’actualité de cette grande figure de pape surtout pour les chrétiens et l’Europe, Jean-Paul II voit dans Grégoire le Grand un « authentique disciple du Christ » auquel les chrétiens d’aujourd’hui peuvent regarder comme un exemple pour « construire un avenir serein et solidaire ».

Car on ne peut « construire l’avenir sans tenir compte du passé », souligne le pape.

Grégoire le Grand a en effet eu l’intuition que « le patrimoine de l’antiquité classique, et de l’antiquité chrétienne, constituait une précieuse base pour tout développement scientifique et humain ultérieur ».

Cette intuition, souligne le pape, « conserve aujourd’hui aussi toute sa valeur, en vue de l’avenir de l’humanité et surtout de l’Europe ».

Et en cultivant « le zèle missionnaire inhérent à son ministère », Grégoire le Grand apporta aussi « une contribution décisive à une intégration harmonieuse des différents peuples de la chrétienté occidentale ».

C’est dans cet esprit, affirme Jean-Paul II, que le continent est invité à « mettre pleinement en valeur les riches racines classiques et chrétiennes de la civilisation européenne, pour en transmettre la sève aux nouvelles générations ».

Bien que « profondément enraciné dans la Ville », continue Jean-Paul II, il a « promu une activité missionnaire intense dans laquelle il exprimait sa romanité purifiée et inspirée par l’Evangile ».

Une romanité « chrétienne », comme le pape la définit, et non plus pour « l’affirmation d’un pouvoir politique », mais « désireuse de diffuser dans tous les peuples le message du salut dans le Christ ».

Romain, d’une famille patricienne, Grégoire était préfet de la ville. Il renonça à sa charge pour transformer la maison familiale de la colline du Coelius en couvent, et il se fit moine. Puis il fut envoyé comme nonce à Constantinople. A son retour dans la ville éternelle, en 590, il fut élu pape.

Les réalisations de son pontificat de 14 ans font de lui l’un des personnages importants de l’histoire universelle. Il envoya saint Augustin et quelque 40 autres moines du Coelius annoncer l’Evangile en Angleterre: ils favorisèrent le monachisme et la diffusion de la règle de saint Benoît dans l’île et dans toute l’Europe.

Il se consacra aussi à l’annonce de l’Evangile aux populations lombardes en Italie et aux Goths en Espagne. Il défendit les droits du siège apostolique romain face à Constantinople. Il favorisa le monachisme et le développement de la liturgie, en particulier des rites des sacrements et des chants.

A Rome, à Ravenne – capitale impériale – et sur ses terres de Sicile, il manifesta un souci quotidien des pauvres.

Auteur prolifique, il a laissé une biographie de saint Benoît, et une « Règle pastorale », grand classique de la littérature ascétique.