Guatemala : Meurtre du P. Ruiz Furlan, défenseur des droits de l’homme

Héritier moral de Mgr Gerardi, lui aussi assassiné

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CITE DU VATICAN, Mardi 16 Décembre 2003 (ZENIT.org) – Le "Padre Chemita", le P. José Maria Ruiz Furlan, défenseur des droits de l’homme, âgé de 69 ans, et considéré comme un héritier moral de l’évêque Juan Gerardi assassiné en 1998, a été tué par des inconnus armés au moment où il rentrait chez lui après avoir célébré la messe dans l’église du Saint Curé d’Ars, annonce aujourd’hui Radio Vatican.



Le "Padre Chemita" avait passé la journée au "Bon Pasteur" où il avait célébré des baptêmes et des confirmations.

Ce meurtre secoue la communauté catholique du Guatemala. L’archevêque de Guatemala, le cardinal Rodolfo Quezada Toruño s’est immédiatement rendu sur place. Il a condamné l’assassinat de ce représentant de l’Eglise catholique comme un "crime absurde qui manifeste le niveau de violence que vit actuellement le Guatemala". "Je souhaite, a-t-il ajouté, que ce crime ne reste pas impuni, comme de nombreux autres".

Padre Chemita avait fêté ses 69 ans le 12 septembre dernier. Il était curé de la paroisse du Saint Curé d’Ars depuis trente ans. Depuis plus de quarante ans, sa vie sacerdotale était toute au service des couches sociales les plus défavorisées.

Dans les années soixante-dix, il avait accusé le régime militaire d’avoir été à l’origine de l’assassinat de son frère, le colonel Carlos Ruiz Furlan.

Il avait été suspendu "a divinis" pendant neuf ans pour s’être engagé en politique - en 1978 et en 1982, il s’était présenté comme candidat à la mairie de la capitale – et dans les affaires, comme associé de deux hôtels à Antigua Guatemala et à Escuintla.

Considéré comme un héritier moral de l’évêque Juan José Gerardi, assassiné en 1998 après avoir publié un rapport sur les violations des droits de l’homme par l’armée du pays, le P. Ruiz Furlan était également connu pour sa lutte courageuse pour les libertés individuelles et pour ses dures critiques adressées au gouvernement du président Alfonso Portillo pour ses violations répétées des droits humains.