Histoire de la papauté: Le "Non" de Paul VI à la guerre du Viêt-Nam

Documents publiés par les Etats-Unis

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ROME, Mardi 24 avril 2001 (ZENIT.org) - Le pape Paul VI a dit clairement "non" à la guerre du Viêt-Nam, ce qui a déchaîné la fureur de l´administration des Etats-Unis et du président Lyndon Johnson.



C´est ce que met en lumière la publication aux Etats-Unis, du XIIe volume des "Relations avec l´Europe occidentale dans les années 1964-1968". Le volume couvre la période du 30 octobre 1964 au 31 août 1968 et concerne essentiellement les relations entre le pape Paul VI et le président Lyndon Johnson à propos de la guerre du Viêt-Nam. Un article publié à Bucarest par l´"Economistul", sous la plume de Enzo Pugliese, rend compte du contenu du volume en rendant hommage aux Etats-Unis pour avoir publié des documents où "la politique américaine ne sort pas toujours gagnante" et pour les facilités accordées aux chercheurs.

En 1964, écrit en substance l´Economistul, les Etats-Unis et le Saint-Siège n´entretenaient pas de relations diplomatiques officielles, mais cherchaient à les établir. La guerre du Viêt-Nam était un obstacle, comme l´atteste une note diplomatique du 3 mai 1966 établie par l´ambassadeur des Etats-Unis en Italie, Henry Cabot. Le pape réclamait "l´abandon immédiat des bombardements sur le Nord-Viêt-Nam", en particulier sur Hanoï. Les relations étaient dans l´impasse.

Le président Lyndon Johnson vint trouver le pape au Vatican. L´entretien dura plus d´une heure, prenant parfois une tournure très tendue: Paul VI répéta son refus catégorique d´appuyer moralement l´action américaine qui comptait sur le Vatican dans sa lutte contre le communisme. Paul VI avertit le président américain qu´il considérait comme "une grave erreur" à la fois "de combattre le communisme par les armes" et de ne pas croire "que la guerre se terminera vite", avec un retournement prochain, d´une guerre "offensive" en une guerre "défensive".

Parallèlement, le pape adressait un appel à la paix au Premier ministre de l´Union soviétique Podgorny, tandis que Moscou refusait d´envisager toute tractation avant le retrait américain du Viêt-Nam.

En 1968, toujours selon la même source, les Etats-Unis suggéraient à Paul VI un voyage à Hanoï et à Saïgon. Mais, sous la pression de Moscou, Hanoï fit savoir au Saint-Siège que les "conditions" n´étaient pas réunies pour un voyage du Souverain Pontife. Paul VI renonça donc aussi à Saïgon.