Hommage de l'Afrique aux papes Jean XXIII et Jean-Paul II

Le 50e anniversaire des indépendances et du Concile

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 614 clics

« Le Concile Vatican II, événement de grâce pour l’Église universelle, a permis au peuple de Dieu en Afrique d’amorcer un tournant majeur de son histoire, expliquent les organisateurs. L’Église d’Afrique, en effet, veut se qualifier comme sujet dans la construction de l’identité culturelle du Continent, notamment à travers le forum du Sceam «Foi, Culture et Développement» : 50 ans après le Concile, elle profite de la canonisation des Papes Jean XXIII et Jean-Paul II pour faire le bilan de la mise en œuvre du Concile sur le Continent africain, en lire les signes des temps aujourd’hui et prendre des initiatives pour construire son avenir, en continuité avec le Magistère des Papes Paul VI, Jean-Paul I, Benoit XVI et François. Elle organise, pour la circonstance, un Colloque qui réunira, à Rome, des Evêques, membres du Sceam, des théologiens et théologiennes africains ainsi que des hommes et des femmes de culture, les 24 et 25 avril 2014. » L’événement a été présenté au Vatican lundi 7 avril.

L' "hyperculturalité" de l'Afrique

Il s’agit, a expliqué Mgr Barthélemy Adoukonou, originaire du Bénin et secrétaire – « numéro deux » - du Conseil pontifical pour la culture depuis 2009, de prendre en compte aussi l’ « hyperculturalité », dans laquelle l’Evangile s’incarne en Afrique.

La canonisation de Jean XXIII – qui a « créé » le premier cardinal d’Afrique noire, le cardinal Laurean Rugambwa, de Tanzanie – et de Jean –Paul II, donne ainsi l’occasion de pour réfléchir à « la contribution immense de l’Eglise au développent de l’Afrique et de ces deux papes », avec « gratitude », une vertu « africaine ».

La Fondation Bernardin Gantin, couvrira les frais de voyage des intervenants venant d’Afrique.

La grande figure de Mgr Isidore de Souza pourrrait être évoquée lors du forum par Albert Tévoédjré, qui a collaboré avec lui à un moment, disait Mgr Adoukonou, où "tout pouvait exploser", mais il "aimait son peuple" et avec "doigté" et "il a su conduire" le tournant du pays vers la démocratie en un temps relativement bref. Jean-Paul II lui avait donné son acxcord pour un tel engagement au service de son pays, mais lui déclarait: "Je susi prêtre et j'entends le rester".

"Comment ne pas aimer l'homme?"

Mgr Emery Kabongo Kanundowi, de République démocratique du Congo, ancien secrétire de Jean-Paul II jusqu’en 1987, et chanoine de la basilique Saint-Pierre, a souligné les « bonnes relations entre l’Eglise et le monde africain ».

Et à l’occasion des canonisations, il souligne l’importance de faire un bilan des réalisations du Concile sur le continent africain ».

« Si nous croyons dans le Dieu incarné, comment ne pas aimer l’homme. Jésus pleure avant d’appeler Lazare hors de la tombe : l’amour divin est plus fort que la mort ! » s’est exclamé Mgr Kabongo. Il a ensuite cité l’homélie de Benoît XVI pour la JMJ de Cologne en 2005: “La mort est, pour ainsi dire, intimement blessée, de telle sorte qu'elle ne peut avoir le dernier mot. Pour reprendre une image qui nous est familière, il s'agit d'une fission nucléaire portée au plus intime de l'être - la victoire de l'amour sur la haine, la victoire de l'amour sur la mort. Seule l'explosion intime du bien qui vainc le mal peut alors engendrer la chaîne des transformations qui, peu à peu, changeront le monde. Tous les autres changements demeurent superficiels et ne sauvent pas. C'est pourquoi nous parlons de rédemption:  ce qui du plus profond était nécessaire se réalise, et nous pouvons entrer dans ce dynamisme. Jésus peut distribuer son Corps, parce qu'il se donne réellement lui-même. »

Mgr Melchor Sanchez de Toca y Alameda, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la culture a rappelé combien le Concile a été « un tournant radical dans l’Eglise D’une part grâce à une « ouverture vraie et tangible à l’universalité de l’Eglise », avec un « impact immédiat dans la reformulation du rapport entre l’Evangile et les cultures », et d’autre part grâce à une « ouverture à la culture moderne », comme le soulignait Jean XXIII dans son discours pour l’ouverture du concile, un discours « inspirateur du travail du Concile notamment Gaudium et Spes ». La pensée moderne n’est pas « une menace, un danger » mais « une ressource ».

Ouverture à l'universalité

Gaudium et Spes a insisté, a-t-il souligné, sur le fait que « l’Eglise n’est liée à aucune race ou nation, à aucune manière de vivre antique ou récente, mais ouverte à l’universalité : l’Evangile tire le meilleur de toute culture ».

Or, a continué Mgr Sanchez, les travaux de cette Constitution sont dus au Père – aujourd’hui cardinal - Tucci, et à Karol Wojtyla, dont la contribution a été « décisive, notamment pour ce qui concerne les rapports avec l’athéisme, avec le marxisme ».

La Création du Conseil pontifical de la culture a suivi le Concile, « dans l’Esprit de Gaudium et Spes, qui constitue le document inspirateur du Conseil pontifical de la culture ».

Mgr Sanchez a rappelé les deux principaux objectifs de ce dicastère, comme l’affirme le premier discours de Jean-Paul II aux membres du dicastère, dont de favoriser « la première rencontre », « l’évangélisation des cultures », « la défense de l’homme et la promotion culturelle ».

Des questions que ce forum « veut apporter à Rome et en hommage aux deux papes ».

Le Prof. Martin Nkafu, qui enseigne à l’Université du Latran, a souligné l’importance de la canonisation « des deux papes les plus proches de l’Afrique » et que ce forum n’est pas une « auto célébration » car « l’Eglise est une famille, une communauté chrétienne qui témoigne de sa foi » : on est « au service de l’Eglise en Afrique », en vue « de la communion de l’Eglise universelle ».

Le proigramme et le nom des intervenants se trouve ne itlaine dans le Bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège.