Hongkong : Le cardinal Zen demande de prier pour les évêques de Chine

La communion avec le Successeur de Pierre

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ROME, Mercredi 19 mai 2010 (ZENIT.org) - A Hongkong, le cardinal Zen appelle les catholiques à prier pour les évêques de la Chine continentale, rapporte aujourd'hui « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP).

Le cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite du diocèse de Hongkong, a appelé les catholiques du territoire à prier pour que les évêques du continent tiennent compte des instructions papales contenues dans la Lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois de mai 2007.

Le cardinal s'est exprimé en ce sens le 18 mai dernier devant environ 70 catholiques réunis par la Commission ‘Justice et Paix' du diocèse de Hongkong afin de préparer la journée du 24 mai 2010. Dans la Lettre de mai 2007, Benoît XVI a fait du 24 mai, fête de Marie Auxiliatrice des chrétiens, « une journée de prière pour l'Eglise en Chine ».

L'ancien évêque de Hongkong a expliqué que la plus importante difficulté à laquelle faisait face l'Eglise en Chine, à savoir le fait que des agences étatiques se sont placées au-dessus des évêques et dictent ce que doit être la conduite des communautés locales, n'avait toujours pas trouvé de solution trois ans après la publication de la Lettre du pape (1). Les agences étatiques en question sont l'Association patriotique des catholiques chinois et l'Assemblée nationale des représentants catholiques, ainsi que la Conférence des évêques « officiels » de Chine dans la mesure où elle n'est maître ni de sa composition, ni de son ordre du jour, ni de ses débats.

Le cardinal a poursuivi en demandant à chacun de prier pour les évêques du continent afin que leurs actes soient conformes à ce qui est écrit dans la Lettre à ce sujet. « Jusqu'à aujourd'hui, tous les nouveaux évêques récemment ordonnés l'ont été avec un mandat pontifical, mais il est apparu que des évêques illicites [NDLR : i.e. dépourvus de mandat pontifical] continuent à concélébrer lors de ces messes d'ordination », a précisé Mgr Zen, en référence aux ordinations de l'évêque de Hohhot, le 18 avril dernier, de celui de Haimen, le 21 avril, et de celui de Xiamen, le 8 mai (2). Même si le Saint-Siège s'est abstenu de dénoncer publiquement la présence à ces messes d'évêques illégitimes, « les catholiques (en Chine) savent bien quels sont les évêques en communion (avec Rome) ».

Lors de la rencontre avec le cardinal, les responsables de ‘Justice et Paix' ont par ailleurs fait écouter des témoignages enregistrés de catholiques du continent. Ces derniers y expliquaient les difficultés auxquelles faisaient face les évêques du continent, la solitude éprouvée par les curés de paroisse ou bien encore la faiblesse de la formation spirituelle dispensée en Chine.

Le cardinal a conclu en disant qu'il serait en Italie du 21 au 25 mai pour une rencontre liée à la congrégation des salésiens, communauté dont il est issu. A cette occasion, il invitera la centaine d'évêques et de cardinaux salésiens qui seront réunis à cette occasion à Turin à prier pour l'Eglise en Chine.

Depuis 2008, la journée du 24 mai est l'occasion pour différentes paroisses de Hongkong d'organiser des soirées de prière ou bien des neuvaines à l'intention de l'Eglise en Chine. En 2009, la Commission ‘Justice et Paix' avait saisi l'occasion pour mener une démarche auprès du Bureau de liaison du gouvernement central à Hongkong pour demander à Pékin une plus grande liberté de religion sur le continent et l'élargissement des évêques et des prêtres encore maintenus en détention.

(1)           Lettre du pape Benoît XVI aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs de l'Eglise catholique en République populaire de Chine : (in point 7) « Considérant « le dessein originel de Jésus » (32), il apparaît évident que la prétention de certains organismes, voulus par l'Etat et étrangers à la structure de l'Eglise, de se placer au-dessus des évêques eux-mêmes et de guider la vie de la communauté ecclésiale ne correspond pas à la doctrine catholique selon laquelle l'Eglise est « apostolique », comme l'a aussi rappelé le Concile Vatican II. L'Eglise est apostolique « par son origine, parce qu'elle a ‘pour fondations les apôtres' (Ep 2, 20) ; par son enseignement, qui est celui des apôtres ; par sa structure, parce qu'elle est édifiée, sanctifiée et gouvernée, jusqu'au retour du Christ, par les apôtres, grâce à leurs successeurs, les évêques en communion avec le successeur de Pierre » (33), Par conséquent, dans toute Eglise particulière, seul « l'évêque diocésain paît au nom du Seigneur le troupeau qui lui est confié comme son pasteur propre, ordinaire et immédiat » (34), et, au niveau national, seule une Conférence épiscopale légitime peut formuler des orientations pastorales, valables pour la totalité de la communauté catholique du Pays concerné (35).

Même la finalité déclarée desdits organismes de mettre en œuvre « les principes d'indépendance et d'autonomie, d'autogestion et d'administration démocratique de l'Eglise » (36) est inconciliable avec la doctrine catholique qui, depuis les antiques Symboles de foi, professe que l'Eglise est « une, sainte, catholique et apostolique ».

A la lumière des principes exposés ci-dessus, les Pasteurs et les fidèles laïcs se rappelleront que la Prédication de l'Evangile, la catéchèse et l'action caritative, l'action liturgique et cultuelle, de même que les choix pastoraux, sont uniquement de la compétence des évêques, avec leurs prêtres, dans la continuité permanente de la foi, transmise par les apôtres dans les Saintes Ecritures et dans la Tradition, et qu'ils ne peuvent donc être sujets à aucune interférence extérieure. »

(2)           Voir EDA 528 et dépêche ci-dessus

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