Humilité et miséricorde mots-clés de la première année de pontificat

Le pape venu pour servir

Rome, (Zenit.org) Antonio Gaspari | 616 clics

Lorsqu’il a été élu, le 13 mars 2013, il était peu connu. Il a aussitôt fait une bonne impression, mais personne ne s’imaginait qu’il allait devenir aussi populaire et qu’il allait influencer aussi profondément le cœur de l’Église, des personnes et du monde. Plus de douze millions de personnes lisent ses messages sur Twitter. Pour l’angélus du dimanche et l’audience du mercredi, des centaines de milliers de personnes affluent à Rome. À diverses occasions, elles étaient plus de cent mille.

C’est du pontife romain que nous parlons, le Vicaire du Christ sur la terre, quelqu’un qui a des responsabilités spirituelles immenses.

Le pape François est allergique à la vanité et aux privilèges. Il vit dans une chambre d’hôtel, porte des chaussures ordinaires, n’utilise qu’une voiture de service.

Lorsque c’est possible, il se passe d’escorte, et des autorités et des cardinaux qui veulent l’accompagner. Il aime rencontrer les gens simples et parler avec eux. Les gendarmes ont quelque difficulté à le faire rester à l’intérieur des murs du Vatican.

Conscient de sa petitesse, il fait de l’humilité sa force. Il pratique la miséricorde et enseigne comment s’appuyer sur sa fragilité pour se relever. Pour le pape François, il faut s’agenouiller sous la Croix du Christ pour ressusciter avec lui. 

Le sang et le sacrifice du Christ sont la source de la miséricorde.

Paradoxalement, face à l'enthousiasme rgénéral, surtout parmi ceux qui fréquentent peu l’Église, le pape François a été critiqué par les croyants traditionnels. Il a fait l’objet d’un certain scepticisme de la part du clergé. Il n’a pas convaincu les moralistes.

Certains disent que ses messages sont simples et superficiels et qu’ils ne transforment pas réellement l’Église. D’autres soutiennent qu’il est vrai qu’avec le pape François, l’Église retrouve crédibilité et confiance mais que, s’il ne réforme pas la curie en profondeur, s’il ne punit pas sévèrement les personnes corrompues et les pédophiles, s’il ne ramène pas les évêques à la sobriété, s’il ne secoue pas et ne revitalise pas l’Europe décadente, son pontificat ne sera pas vraiment efficace.

A lire ces critiques, il semblerait que beaucoup ne comprennent pas combien le pontificat du pape François est révolutionnaire.

Ceux qui seraient tentés de voir ne lui un pape qui, parce qu’il est ouvert, serait disposé à faire des compromis sur des thèmes sensibles comme le mariage, l’avortement ou les unions homosexuelles, pourraient lire ce qu’a dit et écrit le cardinal Bergoglio avant d'être élu au Siège de Pierre.

Aucun doute sur sa fidélité au Magistère : l’archevêque de Buenos Aires s’est courageusement opposé aux idéologies qui ont encouragé la suppression de la vie naissante et qui tentent de dénaturer le mariage naturel.

Ce que le pape François cherche à expliquer, c’est que l’Église n’est pas une « douane » ni un « tribunal » mais qu’elle dispense la justice et exerce le discernement à travers la miséricorde. Comme le disait l’auteur anonyme de la lettre à Diognète, les chrétiens « observent les lois établies mais, par leur manière de vivre, ils sont au-dessus des lois », (…) « ils vivent sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel ».

Dans ce contexte, la popularité du pape François s’explique.

Le succès qu’il remporte n’est pas simplement dû à la simplicité et à la clarté de son expression, mais il vient surtout de la profondeur et de la cohérence de ses explications et de son témoignage de vie selon l’Évangile.

Ses homélies sont brèves et intenses, tout comme les messages qu’il envoie sur Twitter.

Quant à la réforme de la curie vaticane, le pape argentin a opéré un tournant radical et historique. Avec le conseil des huit cardinaux représentant tous les continents, le pape a rendu plus collégial le gouvernement de l’Église et il a redonné à la curie sa fonction de service, tout en évitant les équivoques et les superpositions.

Avec l’institution de la Secrétariat pour l’économie guidé par le cardinal George Pell et la nomination d’un Conseil pour l’économie formé de huit cardinaux et évêques et de sept laïcs, le pape a centralisé de manière claire et transparente toutes les activités économiques du Saint-Siège et i a formalisé le rôle de l’Administration pour le patrimoine du Siège apostolique (APSA), comme « banque centrale du Vatican ».

Dans cette réforme, jamais n’apparaît le nom de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) qui, pendant tant d’années, a été au centre d’enquêtes et d’activités, vraies ou supposées, peu claires.

En termes de politique extérieure et de relations avec les autres religions, le pape a ouvert des voies nouvelles qui pourraient conduire à un changement géopolitique mondial. On est frappé en particulier, par l’ouverture en direction de la Russie et les bonnes relations avec l’Église orthodoxe russe.

Indépendamment de ce qui pourrait se passer avec la crise ukrainienne, entre Rome et Moscou, se consolide un rapport d’attention réciproque pour défendre les chrétiens persécutés dans le monde, pour protéger la vie naissante et la famille naturelle et pour rejoindre ou consolider la paix dans différentes parties du monde, avec une attention particulière à la Syrie et le Moyen-Orient.

La prochaine rencontre à Jérusalem avec les Églises orthodoxes représente une nouveauté absolue et une occasion de s’asseoir à la même table y compris avec des juifs et des musulmans.

Comme le « Poverello » d’Assise, le pape François tire sa force de son humilité et de sa miséricorde.

Il y a un an, juste après son élection et avant de recevoir les représentants de trente Églises chrétiennes, il a fait enlever le trône papal pour le remplaer par un simple fauteuil: « N’oublions jamais que le véritable pouvoir est le service, a-t-il souligné, et que, pour exercer le pouvoir, le pape doit entrer de plus en plus dans ce service dont le sommet lumineux est sur la Croix ».

Devant tout cela, nous ne pouvons que remercier le Seigneur de nous avoir donné le pape François.

Traduction d'Hélène Ginabat