Il est plus facile d’acheter des armes que de la nourriture, dénonce le Saint-Siège

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ROME, Jeudi 20 novembre 2008 (ZENIT.org) - Pour mettre fin au trafic d'armes illicite et à ses conséquences désastreuses pour la population mondiale, il faut d'abord respecter les accords signés en vue d'une réduction de l'armement.

C'est ce qu'a affirmé mercredi dernier Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège près les Nations unies, devant le Conseil de sécurité, lors du débat d'ouverture sur le thème : « Maintien de la paix et de la sécurité internationale : renforcer la sécurité collective à travers la réglementation générale et la réduction des armements ».

Selon Mgr Migliore « les conséquences dramatiques du trafic d'armes illicite au niveau mondial sont un appel à la communauté internationale à redoubler son engagement pour créer de nouveaux mécanismes de contrôle ».

Mgr Migliore constate que « le trafic d'armes illicite, l'accumulation des armes et leur production illicite sont un obstacle à la solution pacifique des différends, transforment les tensions en conflits armés et sont un facteur clé pour leur prolongement, compromettant gravement la paix et le développement ».

Le manque de réglementation et d'engagement à réduire les fournitures d'armes « a engendré un monde dans lequel il est plus facile d'obtenir des armes que de la nourriture, un toit ou une instruction », a dénoncé l'archevêque.

Mgr Migliore a fait observer que si l'on consacrait une partie seulement des 1,3 billion de dollars dépensés dans l'armement à des programmes visant à promouvoir la croissance sociale, économique et spirituelle, « on créerait non seulement un monde meilleur et plus sûr mais on favoriserait aussi un nouveau respect réciproque et le respect pour la vie ».

Dans ce contexte, la délégation vaticane a voulu prêter sa voix aux « centaines de milliers de personnes de République démocratique du Congo qui demandent la justice, la paix, la sécurité et la possibilité de vivre dignement dans leur pays ».

« Le Saint-Siège condamne ferment les massacres commis sous les yeux de la communauté internationale en RDC et demande que tous les efforts soient mis en œuvre pour mettre fin à cette tragédie humaine », a ajouté l'archevêque.

Mgr Migliore a rappelé l'entrée en vigueur, le 5 mai 2006 du Protocole de Nairobi sur la prévention, le contrôle et la réduction des armes légères et de petit calibre, qui a constitué un « pas important » « pour défendre les populations civiles dans la région des Grands Lacs ».

L'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU rappelle que « les Etats dans lesquels se déroulent actuellement les massacres ont signé et ratifié le Protocole ».

Pour le Saint-Siège, le point de départ de tout processus visant à atteindre les objectifs de développement, sécurité et respect des droits humains, est le respect par les Etats des accords qu'ils ont signés et ratifiés.