Il est urgent d’abolir la loi sur le blasphème au Pakistan, dit Mgr Tomasi

L’observateur permanent à Genève réagit à l’affaire Farah Hatim

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ROME, Lundi 20 juin 2011 (ZENIT.org) – Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du bureau de l’ONU à Genève, a estimé que la loi pakistanaise sur le blasphème était un « instrument de persécution » qu’il est « urgent de modifier et d’abolir ».

C’est ce qu’il a affirmé sur Radio Vatican en évoquant le cas de Farah Hatim, cette jeune chrétienne pakistanaise enlevé dans le sud du Punjab et contrainte à épouser un musulman et à se convertir à l’islam.

Concernant la loi sur le blasphème, Mgr Tomasi a rappelé qu’au Pakistan comme ailleurs, « des musulmans et des chrétiens sont d’accord pour dire que la loi actuelle sur le blasphème ne fonctionne pas : elle est uniquement utilisée comme instrument de persécution contre certaines personnes ou comme abus de pouvoir ou comme excuse pour régler des problèmes d’autres types qui n’ont rien à voir avec la religion ».

« C’est pourquoi il est urgent de modifier et d’abolir ce type de loi afin que la liberté religieuse puisse être pratiquée avec sérénité par tous », a-t-il affirmé. « C’est un chemin difficile parce qu’en ce moment la majorité et l’opinion publique est particulièrement susceptible et n’accepte aucune modification de cette loi. Mais lentement, il faudra éduquer et marcher dans cette direction ».

Concernant Farah Hatim, Mgr Tomasi a tout d’abord souligné l’importance de recueillir « des données précises et des informations sûres sur cette situation, parce que jusqu’à maintenant, personne n’a réussi à parler avec cette jeune femme ».

« Je pense – a-t-il aussi souligné – que tout le système éducatif doit mener au respect des personnes, même si elles sont minoritaires dans leur culture et dans leur foi ». Enfin, il a souhaité que « le système judiciaire de ces pays n’ignorent pas les minorités » mais répondent avant tout « aux exigences du respect des droits humains fondamentaux de chaque personne ».

Mgr Tomasi a enfin rappelé que l’enlèvement et la conversion forcée de jeunes victimes appartenant à la minorité chrétienne n’était pas nouveau.« Cela fait des années que des jeunes filles chrétiennes sont contraintes d'épouser de jeunes musulmans et – dans ce processus – obligées de renoncer à leur foi contre leur volonté et forcées d'adhérer à la foi islamique. Chaque année, 700 jeunes filles environ, sont soumises à ce type de conversions forcées ».