Il ne vous trahira jamais: le pape parle de Jésus aux nouveaux catéchumènes

Premier pas vers le baptême en la basilique Saint-Pierre

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1506 clics

« Il ne vous trahira jamais » s’est exclamé le pape François qui parlait de Jésus aux catéchumènes qui ont fait leur premier pas vers le baptême, cet après-midi, en la basilique Saint-Pierre.

Le pape François a en effet présidé, ce samedi 23 novembre, le rite de l’entrée en catéchuménat, dans le cadre de l’Année de la foi, en présence de quelque 500 catéchumènes accompagnés de leurs catéchistes, et venus de 47 pays, des 5 continents.

Après différents témoignages d’adultes qui se préparent au baptême et de catéchistes, la liturgie a commencé à 16 h 30, dans l’atrium de la basilique Saint-Pierre : le pape a accueilli les candidats au catéchuménat. Il a fait le signe de la croix sur leur front, puis, sur leurs oreilles, pour qu'elles entendent le Christ, sur leurs yeux, pour qu'ils le voient, leur coeur et leurs épaules, pour qu'ils portent son joug, qui est léger. Puis le pape les a invités à entrer dans la basilique avec leurs accompagnateurs. Au cours d’une liturgie de la Parole et avant la remise des évangiles, le pape a prononcé une homélie.

Il les a invités à toujours se souvenir « du jour, de l’heure où, pour la première fois » ils sont « restés avec Jésus », où ils ont « senti son regard sur vous ». Le pape a lui-même évoqué son expérience de ce regard, notamment en commentant le tableau du Caravage qui se trouve à Rome à Saint-Louis-des-Français : l’appel de saint Matthieu. Il a évoqué ce jour où, à 19 ans, sa vie a basculé.

Avant de donner la bénédiction finale, le pape a de nouveau souhaité aux catéchumènes "paix" et "joie": "parce que le Seigneur vous aime! Qu'il soit toujours avec vous!"

Voici notre traduction intégrale, de l'italien, de l'homélie du pape François.

A.B.

Homélie du pape François

Chers catéchumènes,

Ce moment de conclusion de l’Année de la foi vous voit ici rassemblés, avec vos catéchistes et vos familles, représentant aussi tant d’autres hommes et de femmes, qui accomplissent, dans différentes régions du monde, le même parcours de foi que vous. Spirituellement, nous sommes tous reliés, en ce moment. Vous venez de nombreux pays différents, de traditions culturelles et d’expériences différentes. Et pourtant, ce soir, nous sentons que nous avons tant de choses en commun. Nous en avons surtout une : le désir de Dieu. Ce désir est évoqué par la parole du psalmiste : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche ô mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand viendrai-je et verrai-je le visage de Dieu. » (Ps 42,2-3).

Comme il est important de conserver vivant ce désir, cette aspiration à la rencontre du Seigneur et de faire l’expérience de Lui, de faire l’expérience de son amour, de faire l’expérience de sa miséricorde ! Si la soif du Dieu vivant vient à manquer, la foi risque de devenir une habitude, risque de s’éteindre, comme un feu qui ne vient pas ravivé. Elle risque de devenir « rance », sans aucun sens.

Le récit de l’Evangile (Jn 1, 35-42) nous a montré Jean-Baptiste qui désigne Jésus à ses disciples comme l’Agneau de Dieu. Deux d’entre eux suivent le Maître, et ensuite, à leur tour, deviennent des « médiateurs » qui permettent d’autres de rencontrer le Seigneur, de le connaître et de le suivre. Il y a trois moments dans ce récit qui rappelle l’expérience du catéchumène.

En premier lieu, il y a l’écoute. Les deux disciples ont écouté le témoignage du Baptiste. Vous aussi, chers catéchumènes, vous avez écouté ceux qui vous ont parlé de Jésus, et vous ont proposé de le suivre, en devenant ses disciples, par le baptême. Dans le tumulte de tant de voix qui résonnent autour de nous, vous avez écouté et accueilli la voix qui vous indiquait Jésus comme le seul qui puisse donner un sens plénier à votre vie.

Le second moment est la rencontre. Les deux disciples rencontrent le Maître et restent avec lui. Après l’avoir rencontré, ils ressentent immédiatement quelque chose de nouveau dans leur cœur : l’exigence de transmettre leur joie aux autres aussi, afin qu’ils puissent eux aussi le rencontrer. De fait, André rencontre son frère Simon et il le conduit à Jésus. Comme cela nous fait du bien de contempler cette scène ! Cela nous rappelle que Dieu ne nous a pas créés pour être seuls, enfermés en nous-mêmes, mais pour pouvoir le rencontrer, Lui, et nous ouvrir à la rencontre des autres. Dieu, le premier, vient vers chacun de nous ; et c’est merveilleux ! Lui vient à notre rencontre !

Dans la Bible, Dieu apparaît toujours comme celui qui prend l’initiative de la rencontre avec l’homme : c’est lui qui cherche l’homme, et d’habitude, il le cherche justement alors que l’homme fait l’expérience amère et tragique de trahir Dieu et de le fuir. Dieu n’attend pas pour le chercher : il le cherche immédiatement. C’est un chercheur patient, notre Père ! Il nous précède et nous attend toujours. Il ne se lasse pas de nous attendre. Il ne s’éloigne pas de nous, mais il a la patience d’attendre le moment favorable de la rencontre avec chacun de nous. Et quand la rencontre advient, ce n’est jamais une rencontre hâtive, parce que Dieu désire rester longuement avec nous, pour nous soutenir, pour nous consoler, pour nous donner sa joie. Dieu a hâte de nous rencontrer, mais il n’a jamais hâte de nous quitter. Il reste avec nous. De même que nous nous avons soif de lui, et que nous le désirons, de même lui aussi a le désir d’être avec nous, parce que nous lui appartenons, nous sommes à lui, nous sommes ses créatures. On peut dire que Lui aussi a soif de nous, de nous rencontrer. Notre Dieu est assoiffé de nous. Voilà le cœur de Dieu. C’est beau de ressentir cela.

La dernière partie du récit, c’est la marche. Les deux disciples marchent vers Jésus et puis ils font un bout de chemin avec lui. C’est un enseignement important pour nous tous. La foi est une marche avec Jésus… Rappelez-vous toujours cela : la foi, c’est marcher avec Jésus et c’est une marche qui dure toute la vie. A la fin, il y aura la rencontre définitive.

Certes, à certains moments de cette marche nous nous sentons fatigués et confus. Mais la foi nous donne la certitude de la présence constante de Jésus dans toute situation, même la plus douloureuse ou difficile à comprendre. Nous sommes appelés à marcher pour entrer toujours davantage à l’intérieur du mystère de l’amour de Dieu qui nous veille sur nous et nous permet de vivre dans la sérénité et l’espérance.

Chers catéchumènes, vous commencez aujourd’hui votre chemin de catéchuménat. Je vous souhaite de le parcourir dans la joie, sûrs du soutien de toute l’Eglise, qui vous regarde avec tant de confiance. Marie, la parfaite disciple, vous accompagne : c’est beau de sentir qu’elle est notre Mère dans la foi ! Je vous invite à conserver l’enthousiasme du premier instant, qui vous a fait ouvrir les yeux sur la lumière de la foi ; à vous souvenir, comme le disciple bien-aimé, du jour, de l’heure où, pour la première fois, vous êtes restés avec Jésus, où vous avez senti son regard sur vous. N’oubliez jamais ce regard ! C’est un regard d’amour. Et ainsi, vous serez toujours sûrs de la fidélité de l’maour du Seigneur. Lui, il est fidèle. Et soyez-en sûrs : Lui ne vous trahira jamais !

Traduction de Zenit, Anita Bourdin