"Imitez la maternité de Marie, cette attention qu'elle a pour chacun de nous"

Discours pour les cent ans de l'UNITALSI

Rome, (Zenit.org) Pape François | 769 clics

"Imitez la maternité de Marie, cette attention toute maternelle qu’elle a pour chacun de nous": c'est l'exhortation du pape François aux membres de l'UNITALSI qui fête ses cent ans.

Le pape François a en effet reçu en audience, samedi 9 novembre, à 11h, dans la salle Paul VI du Vatican, les participants au pèlerinage de l’Union nationale italienne Transport Malades à Lourdes et sanctuaires internationaux (U.N.I.T.A.L.S.I.), à l’occasion du 110ème anniversaire de l’association.

Le pape invite aussi à "mettre vraiment en valeur la présence et le témoignage des personnes fragiles et souffrantes, non seulement comme étant les destinataires de l’œuvre évangélisatrice, mais aussi en tant que sujets actifs de cette action apostolique". 

Voici notre traduction intégrale du discours du pape François prononcé en italien.

Discours du pape François


Chers frères et sœurs, bonjour !
Je vous salue tous avec affection, spécialement les personnes malades et infirmes, accompagnées par des bénévoles, les assistants ecclésiastiques, les responsables de section et le président national, que je remercie pour ses paroles. La présence du cardinal De Giorgi, des évêques et des personnalités institutionnelles est signe de l’appréciation que l’UNITALSI rencontre dans l’Eglise et dans la société civile.

1. Depuis 110 ans votre association se consacre aux personnes malades ou fragiles, avec un style typiquement évangélique. En effet, votre œuvre n’est pas de l’assistanat ou de la philanthropie, mais pure annonce de l’Evangile de la charité, ministère du réconfort. Et ceci est grand: votre œuvre est vraiment évangélique,  le ministère de la consolation.

Je pense à tous ces membres de l’UNITALSI qui œuvrent dans toute l’Italie : vous êtes des hommes et des femmes, des mères et des pères, tant de jeunes qui, par amour du Christ et à l’exemple du Bon Samaritain, face à tant de souffrance, ne tournent pas la tête de l’autre côté. Et ce fait de ne pas tourner la tête de l’autre côté est une vertu: Allez-y ! Continuez avec cette vertu! Vous qui essayez au contraire d’être le regard qui accueille, une main qui soulève et accompagne, une parole de réconfort, une étreinte de tendresse. Ne vous découragez pas devant les difficultés et la fatigue, continuez à donner de votre temps, un sourire et de l’amour aux frères et sœurs qui en ont besoin. Que chaque personne malade et fragile puisse voir dans votre visage le visage de Jésus ; et que vous puissiez vous aussi reconnaître dans la personne souffrante la chair du Christ. 

Les pauvres, voire aussi les pauvres de santé, sont une richesse pour l’Eglise ; et vous de l’UNITALSI, avec tant d’autres réalités ecclésiales, vous avez reçu le don et l’engagement de recueillir cette richesse, pour aider à la mettre en valeur, non seulement pour l’Eglise elle-même mais pour toute la société.

2. Le contexte culturel et social actuel est plutôt enclin à cacher la fragilité physique,  à ne la voir que comme un problème qui demande résignation et piétisme ou parfois rebut des personnes. L’UNITALSI est appelée à être un signe prophétique et à aller contre cette logique du monde, la logique du rebut, en aidant les souffrants à être des acteurs au sein de la société, dans l’Eglise, voire dans l’association elle-même. Pour favoriser une réelle insertion des malades dans la communauté chrétienne et susciter en eux un fort sens de l’appartenance, il faut une pastorale inclusive dans les paroisses et dans les associations. Il s’agit de mettre vraiment en valeur la présence et le témoignage des personnes fragiles et souffrantes, non seulement comme étant les destinataires de l’œuvre évangélisatrice, mais aussi en tant que sujets actifs de cette action apostolique.

Chers frères et sœurs malades, ne vous considèrerez pas seulement des objets de solidarité et de charité, mais sentez-vous insérez à plein titre dans la vie et dans la mission de l’Eglise. Vous y avez votre place, avez un rôle spécifique dans la paroisse et dans chaque secteur de l’Eglise.  Votre présence, silencieuse mais plus éloquente que tant de mots, votre prière, l’offre quotidienne de vos souffrances en union avec celles de Jésus crucifié pour le salut du monde, l’acceptation patiente mais également joyeuse de votre condition, sont une ressource spirituelle, un patrimoine pour chaque communauté chrétienne. N’ayez pas honte d’être un précieux trésor de l’Eglise!

3. Le pèlerinage sur les lieux sacrés de Marie, à Lourdes surtout, est l’expérience la plus forte que l’UNITALSI vit au cours de l’année. Votre style apostolique et votre spiritualité font eux aussi référence à la Sainte Vierge. Redécouvrez ses raisons les plus profondes! En particulier, imitez la maternité de Marie, cette attention toute maternelle qu’elle a pour chacun de nous. Dans le miracle des Noces de Cana, la Vierge Marie s’adresse aux serviteurs et leur dit: « Tout ce qu’il vous dit, faites-le », et Jésus ordonne  aux serviteurs de remplir d’eau les amphores et l’eau se transforme en vin, meilleur que celui qui est servi jusqu’à présent (cf. Jn 2,5-10).

Cette intervention de Marie auprès de son Fils révèle avec quels soins la Mère s’occupe des hommes. Des soins attentifs à nos besoins les plus vrais : Marie sait de quoi nous avons besoin! Elle prend soin de nous, en intercédant auprès de Jésus et demandant pour chacun de nous du « vin nouveau », c’est-à-dire l’amour, la grâce qui nous sauve. Elle intercède toujours et prie pour nous, spécialement dans les moments de difficulté et de faiblesse, dans les moments de découragement et d’égarement, surtout dans les moments du péché. C’est pourquoi, dans la prière de l’ Ave Maria, nous lui demandons: « Prie pour nous, pauvres pécheurs ».

Chers frères et sœurs, soyons confiants et mettons-nous toujours sous la protection de notre Mère Céleste, qui nous console et intercède pour nous auprès de son Fils. Quelle nous aide à être pour tous ceux que nous rencontrons sur notre chemin « reflet » de Celui qui est le « Père miséricordieux et Dieu de toute consolation » ( 2 Co 1,3). Merci.

Traduction d'Océane Le Gall