Inauguration de l’année universitaire à la « Santa Croce », par le prélat de l’Opus Dei

Ne jamais dissocier recherche de la vérité et amour pour les autres

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ROME, Mardi 10 octobre 2006 (ZENIT.org) – « Pour un universitaire, cultiver la charité signifie s’exercer avec zèle à travailler avec les autres, car c’est dans le dialogue et l’échange de points de vue et d’expériences que l’on mûrit comme personne et comme chercheur de la vérité ». C’est ce qu’a affirmé Mgr Javier Echevarría, grand chancelier de l’Université pontificale de la Sainte Croix, et prélat de l’Opus Dei, lors de l’inauguration de l’année universitaire, lundi 9 octobre.



« Dans la vie universitaire, a-t-il déclaré, l’harmonisation entre la définition de la vérité et le don de soi en faveur du développement de ceux qui vivent à nos côtés, est un impératif absolu ».

« Par sa parole et son exemple, saint Josemaria prêchait constamment ce message : que les autres puissent commencer leur mission en partant de là où nous sommes arrivés, a-t-il ajouté. Un devoir, si l’on veut, stratégique, mais surtout une manifestation de la sollicitude pour le bien des âmes et de l’avenir de la société ».

Faisant référence à la première Encyclique du pape Benoît XVI Deus caritas est, Mgr Echevarría l’a définie comme « un appel à nous tous à ne jamais dissocier la recherche de la vérité de l’amour pour les autres », en partant du « programme du chrétien : un cœur qui voit. Ce cœur voit où il existe un besoin d’amour et agit en conséquence ».

L’acte d’inauguration de la nouvelle année universitaire a été introduit par une allocution du recteur de l’Université, Mgr Mariano Fazio.

« Nous entamons une nouvelle année universitaire remplie d’espoirs, après l’augmentation, l’an dernier, du nombre d’étudiants, de pays représentés, et l’inauguration de nouvelles filières d’étude et de recherche », a-t-il affirmé.

« Nous nous efforcerons de poursuivre ce chemin, a-t-il ajouté. Mais aux données chiffrées viennent s’ajouter de nombreux défis culturels qui font que le travail de l’Université pontificale de la Sainte Croix et de toutes les universités pontificales romaines devient indispensable et lourd de responsabilités ».

« Nous vivons dans un monde riche de valeurs humaines et chrétiennes où des milliers de personnes mettent leur vie au service des autres, souvent de manière cachée mais pas pour autant moins féconde : ces personnes sont le sel de la terre ! », a poursuivi Mgr Fazio.

« Dans le même temps nous ne pouvons pas fermer les yeux devant les multiples problèmes qui accablent la culture contemporaine et menacent le respect de la personne humaine », a-t-il souligné.

C’est donc « à ce carrefour de l’histoire » que « nous tous, catholiques, chrétiens et personnes de bonne volonté, possédons un point de référence clair et sûr : le magistère de notre bien-aimé souverain pontife de Rome, Benoît XVI », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’Université, Mgr Alfonso Monroy a précisé que 1.467 étudiants étaient inscrits à l’Université l’an dernier. Ils venaient de 76 pays dont 21 pays d’Afrique, 13 pays d’Asie, 23 pays d’Europe, 17 pays du continent américain et 2 d’Océanie. Il a ajouté que des bourses d’étude ont été offertes à 193 étudiants.

Le professeur José María Galván, de la Faculté de Théologie, est par ailleurs intervenu sur le thème : « L’espérance dans notre société des machines : la techno-éthique ».

Après avoir expliqué la naissance du terme « techno-éthique », le professeur Galván a précisé qu’une « forte préoccupation éthique est née parmi les technologues en général, et en particulier parmi les experts en robotique, et qu’un large débat international a été lancé pour tenter de fournir des réponses aux innombrables interrogations posées par la capacité technologique moderne de l’homme ».

« La communauté théologique ne peut pas rester en marge de ce débat, vivre comme s’il n’existait pas », a-t-il souligné.

Le prof. Galván a observé que « la technique a vaincu [l’homme] mais ne l’a pas convaincu », dans le sens que « même si les personnes ne sont plus disposées à renoncer à la technique, elles en ont encore peur ».

On constate par conséquent un certain « refus actuel de la technique » qui n’est pas seulement « inductif » dans la mesure où « les effets indésirables [crise anthropologique, crise écologique, distribution plus injuste des biens de consommation à l’échelle mondiale, accroissement du fossé entre pays riches et pauvres] ne se sont pas produits par hasard, mais en raison d’une grossière erreur dans la conception même de la technique et de son rôle dans le développement total de l’homme», a-t-il ajouté.

Passant à la proposition de la techno-éthique, le prof. Galván a souligné que selon cette dernière, « c’est la vision que l’homme a de lui-même et de la réalité, qu’il faut changer ». Pour cela il faut « abandonner la techno-science, qui inclut la primauté de la science sur la technique et ne laisse pas de place à la personne, et accueillir le nouveau paradigme relationnel qui s’impose à l’époque post-moderne », c’est-à-dire affirmer « la technologie comme ‘activité spirituelle’, produit éminent de l’esprit de l’homme, au-dessus de la science elle-même ».