Incendie dans une prison du Honduras, douleur de Benoît XVI

Sollicitude du pape pour les prisonniers

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ROME, vendredi 17 février 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI exprime sa « profonde douleur » pour les victimes de l’incendie de la prison de Comayagua, au Honduras. Le P. Lombardi souligne la sollicitude du pape pour les prisonniers.

Le pape a en effet adressé ses condoléances pour cette « tragédie » dans un télégramme en espagnol, à Mgr Roberto Camilleri, évêque de Comayagua, le 17 février 2012.

L’incendie, dont les causes sont encore indéterminées, a provoqué plus de 350 morts, mardi 14 février 2012 au soir. Le pénitencier abritait 852 prisonniers, le double de la capacité réelle. Alors qu’une partie d’entre eux a pu sortir par le toit, d’autres sont restés bloqués dans leurs cellules. Les familles des victimes demandent justice, accusant les gardes et les pompiers de négligence. Des enquêtes sont en cours.

Benoît XVI exprime sa « profonde douleur » et assure de ses « prières ferventes pour les défunts ». Il prie Mgr Camilleri de transmettre « ses plus sincères condoléances » aux familles des défunts, ainsi que l’expression « de sa proximité spirituelle ».

Relevant le « déplorable contretemps » des secours, Benoît XVI exprime son « vif désir » d’un rétablissement « rapide et total » des blessés.

Il invoque la « protection aimante » de Notre-Dame de Suyapa, et envoie avec « affection » sa bénédiction apostolique, comme « signe de consolation et d’espérance » en ce moment de « grande tristesse ».

Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège qualifie de « supplice » ce qu’ont vécu les prisonniers bloqués dans leurs cellules, alors que la prison était « invraisemblablement bondée ».

Ce type de tragédie n’est pas « rare », s’indigne-t-il: « Ce n’est pas la première fois », rappelant qu’au Honduras, en 2004, un drame de ce genre avait déjà eu lieu à San Pedro di Sula : « S’il y a un incendie dans une prison, c’est presque toujours un massacre ».

Même si ces personnes ont commis des fautes, elles n’en sont pas pour autant privées de dignité, affirme-t-il : « rien ne justifie qu’elles soient abruties dans un climat de violence qui les dégrade », et qui « rend impossible une réhabilitation dans la vie sociale ».

Il rappelle que Benoît XVI a déjà évoqué « la condition terrible des prisons en Afrique » dans sa exhortation apostolique Africae Munus de novembre 2011. Le pape s’est également rendu dans la prison de Rebibbia, à Rome, le 18 décembre dernier, et il s’est toujours préoccupé des « graves problèmes des prisons dans le monde entier ».

C’est l’appel du Christ - « J’étais en prison et vous m’avez visité » - qui invite les chrétiens à se préoccuper du sort des prisonniers. Et qui fait conclure au P. Lombardi : « Les morts défigurés de Comayagua ont pour chacun de nous le visage du Christ ».

Anne Kurian