Inde: l'archevêque de Delhi défend les dalits, il est arrêté

Une marche interreligieuse

Paris, (Zenit.org) Rédaction | 533 clics

En Inde, l'archevêque catholique de Delhi, Mgr Anil Couto, a été arrêté ce 11 décembre, pour avoir participé à une manifestation en faveur des droits des dalits, dénonce Radio Vatican.

Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris, précise que l'archevêque catholique de Delhi, plusieurs autres évêques chrétiens, ainsi que des prêtres et des religieuses catholiques, ont été arrêtés par la police tandis qu'ils prenaient part à une marche organisée à New Delhi en faveur de l'égalité des droits pour les dalits de religion chrétienne et musulmane.

Relâchés après avoir été détenus plusieurs heures au poste de police de Parliament Street, les évêques ont vigoureusement protesté contre le traitement qui leur a été réservé.

Pour sa part, le père Joseph Chinnayyan, vice-secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale indienne, a expliqué à l'agence vaticane Fides que l’archevêque participait à une marche pacifique, dans le quartier de Jantar Mantar, en route vers le Parlement indien.

Selon cette source, la police a chargé et frappé violemment les manifestants, arrêtant un bon nombre d’entre eux. Parmi les personnes arrêtées, l’archevêque Anil Couto, les évêques chrétiens protestants Alwan Masih, Roger Gaikwad et Vijayesh Lal, responsable de la « Evangelical Fellowship of India », ainsi que le catholique John Dayal, secrétaire général du « All India Christian Council ».

Les évêques ont donc demandé qu’une délégation soit reçue par le gouvernement et au Parlement, actuellement réuni en assemblée.

Les responsables chrétiens « seront relâchés d’ici ce soir », a ajouté le porte-parole des évêques.

Une plainte a cependant été déposée contre la police de Delhi pour avoir agressé et frappé des religieuses et des prêtres catholiques.

La marche demandait l’abrogation du décret présidentiel de 1950 qui légalise la discrimination, en niant l’égalité des droits aux chrétiens et musulmans d’origine dalit. La discrimination a été étendue aux sikhs en 1956 et aux bouddhistes en 1982.

Les minorités religieuses indiennes considèrent cette mesure comme « totalement inconstitutionnelle », « mais les gouvernements qui se sont succédé ont fait la sourde oreille », a affirmé Mgr Anil Couto.

Avec Hélène Ginabat