Inde : l'Eglise plaide pour 230 employés menacés

Lettre ouverte au gouvernement de l'Etat de Goa

| 998 clics

ROME, mardi 3 juillet 2012 (ZENIT.org) – L’Eglise catholique de l’Etat de Goa, en Inde, plaide pour 230 employés menacés par le gouvernement, indique "Eglises d'Asie" (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris dans un communiqué du 3 juillet 2012.

Le Conseil pour Paix et la Justice sociale (CSJP), branche sociale de l’archidiocèse de Goa, a publié une lettre ouverte adressée au ministre-président de Goa, Manohar Parrikar, le 28 juin 2012. L’Eglise demande au nouveau gouvernement du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), de ne pas priver de leur emploi les 230 candidats à des postes dans l’industrie minière d’Etat qui avaient été embauchés par le gouvernement précédent.

L’ancien ministre-président Digambar Kamat (parti du Congrès) avait en effet recruté ces 230 jeunes chefs de chantiers destinés au département des exploitations minières et de géologie, en février 2012. Mais il était sous le coup de graves accusations de corruption, concernant justement l’activité minière illégale dans l’Etat. Peu de temps après, il perdit les élections.

Le BJP, qui avait fait de la lutte anti-corruption son principal argument de campagne, a suspendu ces embauches et a soumis les dossiers des candidats à l’examen du département de Vigilance, dès son accession au pouvoir. Il annonce à présent son intention d’annuler ces contrats.

Le P. Maverick Fernandes, secrétaire exécutif du CSJP, affirme que refuser leur emploi aux candidats qui ont été sélectionnés, équivaut à une violation des droits de l’homme : « Lorsqu’ils ont reçu leur acceptation de poste, la plupart des candidats ont quitté leur ancien travail », plaide le prêtre catholique, qui explique qu’aujourd’hui ces jeunes ont tout perdu alors qu’ils sont le plus souvent la seule et unique source de revenus de leurs familles.

« Parce qu’il s’agit de leur retirer leur unique moyen de subsistance et cela sans aucune faute de leur part, cela revient à une simple question d’humanité », conclut-il.

En outre, le P. Fernandes rapporte, qu’après avoir étudié les dossiers qui ont été soumis au CSJP par les candidats, il est apparu clairement que « le protocole d’embauche avait été parfaitement respecté et que chacun des candidats avait répondu de manière satisfaisante aux critères demandés pour le poste ».

Le communiqué adressé au chef de l’Etat poursuit : « En conséquence, il est incompréhensible que le gouvernement les ait empêchés de prendre leur travail, sans même une notification écrite leur en donnant les motifs. »

Dans l’Etat de Goa, où la présence chrétienne est l’une des plus importantes de l’Union indienne (27 % de la population), les catholiques, très majoritaires parmi les chrétiens, représentent une bonne part de l’électorat que le BJP ne peut se permettre d’ignorer.