Inde : Le cardinal Dias demande le respect des monuments religieux

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CITE DU VATICAN, Jeudi 27 novembre 2003 (ZENIT.org) – Le cardinal Ivan Dias demande aux autorités civiles de Bombay de respecter les divers monuments religieux édifiés dans l’espace public de la ville, indique "Eglises d’Asie", l’agence des Missions étrangères de Paris (eglasie.mepasie.org).



Le cardinal Ivan Dias de Bombay vient de mettre en garde les autorités civiles de son diocèse contre la démolition de croix, calvaires et autres symboles religieux élevés sur les bords des rues et les places publiques de la grande agglomération de l’ouest de l’Inde, capitale de l’Etat du Maharashtra et cité la plus peuplée du pays. Quelque temps auparavant, le Conseil municipal du grand Mumbai (Bombay) avait dressé une liste de 1 431 édifices illégaux appartenant à diverses religions, destinés à être démolis. Parmi eux, se trouvaient 1 242 symboles religieux hindous et 98 croix ou calvaires catholiques.

Le cardinal Dias, ordinaire du diocèse qui coïncide avec la ville de Bombay, a écrit, le 30 octobre dernier, une lettre au chef du Conseil municipal de la ville, Karun Srivasata, lui demandant de s’assurer exactement du statut particulier des divers édifices religieux avant de les condamner à la démolition. Le cardinal lui a, en particulier, fait remarquer que beaucoup de croix ont été érigées durant une peste ayant sévi dans la région, il y a environ un siècle. "Par suite, s’ajoutant aux monuments dont nous avons hérité du passé, ces croix font partie du patrimoine de la foi. Elles ont été une source de bienfaits pour la population locale et sont liées à de très forts sentiments individuels et collectifs", a-t-il précisé. La plupart de ces symboles religieux ne gênent en rien la population locale qui s’interroge sur le motif des démolitions envisagées. Le dirigeant de la communauté catholique regrette également que la décision de démolition des édifices religieux ait été prise sans aucune consultation ni avec l’Eglise catholique ni avec les autres responsables religieux de la région. En outre, ajoute-t-il, les avis de démolition signifiés seulement 24 heures à l’avance ne favorisent pas la naissance d’un dialogue constructif entre les diverses parties.

Cette initiative de la municipalité de Bombay a sa source dans la plainte déposée à la Haute Cour de Bombay par une ONG mettant en cause la multiplication d’édifices illégaux. Le 24 septembre, le tribunal a ordonné au Conseil municipal de faire retirer les divers monuments et sanctuaires illégaux des voies piétonnières, des rues et des places publiques. La municipalité a attendu que soit terminée la célébration du Diwali, la fête hindoue des lumières, pour passer à l’action. Trois jours après la fête, le 27 octobre, vingt-et-un sanctuaires hindous étaient abattus à divers endroits de la ville. Interrogé à ce sujet, un membre du Conseil municipal du grand Mumbai a reconnu que son administration était prête à démolir 54 sanctuaires illégaux à travers la ville. Il a aussi déclaré qu’un avis était envoyé aux propriétaires d’édifices religieux illégaux 24 heures seulement avant la date prévue de leur démolition.

Les autorités civiles ont également prévu d’éliminer un certain nombre de croix présentes sur le territoire de la ville. Cependant, dès le 25 octobre, un laïc catholique a porté l’affaire devant la Haute Cour. Le tribunal a demandé à la municipalité de ne pas procéder aux démolitions prévues étant donné que, précédemment, le gouvernement de l’Etat a classé la plupart d’entre elles parmi les éléments du patrimoine, dans un avis datant de 1991. Un avocat à la Haute Cour a rappelé, par ailleurs, que la municipalité, en dépit des protestations des catholiques, avait, en 1998, fait démolir une croix élevée devant une église, sous le prétexte qu’elle gênait la circulation dans une voie piétonnière. Une plainte ayant été déposée, le tribunal avait ordonné à la municipalité de restaurer la croix à ses frais.
En dehors des édifices religieux hindous et chrétiens inscrits sur la liste des monuments à démolir, on trouve aussi soixante et une constructions religieuses appartenant à l’islam, vingt-cinq appartenant au bouddhisme et cinq autres à diverses religions et sectes.
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