Inde : Les dalits reconnaissent que l'Eglise les a sauvés

Inde : Les dalits reconnaissent que l'Eglise les a sauvés

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ROME, Vendredi 25 juin 2010 (ZENIT.org) - L'archevêque de Patna, dans le nord de l'Inde, Mgr William D'Souza, fait état d'une situation de très grande pauvreté pour des milliers de dalits (sans caste) de la région, auxquels l'Eglise tente d'apporter son aide, certains d'entre eux vivant totalement séparés du reste de la société.

Beaucoup de ces dalits ne sont pas chrétiens et vivent dans un état « d'extrême pauvreté », a confié l'évêque à l'association « Aide à l'Eglise en Détresse » (AED), précisant que des groupes proches de l'Eglise sont à pied d'œuvre pour leur fournir des aides d'urgence.

Mgr D'Souza fait un point de la situation de son diocèse, alors que plusieurs régions du pays viennent de connaître une nouvelle vague de sentiments anti-chrétiens dont sont responsables des groupes nationalistes hindous extrémistes qui affirment que derrière l'action de l'Eglise se cache une opération de conversions de masses.

La violence anti-chrétienne de 2007-2008 dans l'Etat d'Orissa, au nord est de l'Inde, a conduit le pays à mesurer la portée de la haine religieuse dans la région, et pointé ses projecteurs sur les lois anti-conversion imposées ces dix dernières années dans les Etats du Gujarat, de Madhya Pradesh, Chhattisgarh, Himachal Pradesh et Orissa.

Malgré cette situation, l'archevêque a souligné que la coalition gouvernementale de l'Etat du Bihar a depuis longtemps accepté l'œuvre de l'Eglise avec les dalits.

Décrivant son diocèse comme « une Eglise surtout de dalits », l'archevêque a souligné que le « gouvernement apprécie » les efforts de l'Eglise.

L'objectif principal de l'Eglise, a-t-il commenté, est de faire sortir la population de son extrême pauvreté, en lui faisant prendre conscience de ses droits et favorisant une formation visant à créer des opportunités de travail.

« les personnes que nous aidons sont très pauvres et nous n'avons pas assez de ressources pour répondre à tous leurs besoins », a dit Mgr D'souza tout en précisant que les dalits représentent 45.000 des 65.000 catholiques de son diocèse.

« Tout ce que nous essayons de faire est de leur apporter un rayon d'espérance pour l'avenir, en leur donnant une assistance sanitaire et une instruction, en leur enseignant les valeurs chrétiennes ».

Les dalits effectuent des travaux manuels, employés dans le nettoyage des latrines et des égouts, dans le ramassage des poubelles.

Même si dans les villes la discrimination à leur égard a diminué, dans les zones rurales, en partie pour des raisons religieuses, en partie à cause de la nature de leur travail, les dalits sont vus comme des êtres impurs et sont bannis des temples hindous, des lieux de restauration, des écoles et des endroits où l'on va prendre de l'eau.

Dans l'archidiocèse de Patna, communautés diocésaines et religieuses ont répondu à cette situation en organisant une grande chaine de soutien.

On y compte quelque 3.000 groupes d'aide, dont certains allant jusqu'à 15 membres, avec des programmes sur les droits de l'homme, le soutien aux femmes, l'économie domestique et le développement de capacités organisationnelles.

« La plupart des personnes avec lesquelles nous travaillons ne sont pas catholiques », a tenu à précisé Mgr D'Souza.

« Ils nous disent que nous sommes leurs sauveurs, ils restent en contact avec nous, mais les besoins changent et nous ne parvenons pas toujours à les suivre », a-t-il reconnu.