Inde : un gouverneur ne signe pas le décret renforçant la loi anti-conversion

Les chrétiens saluent cette décision

| 1064 clics

ROME, Mardi 9 octobre 2007 (ZENIT.org) – Dans l’état indien du Chhattisgarh, les chrétiens se réjouissent de la décision du gouverneur de l’Etat de ne pas signer le décret renforçant la loi anti-conversion déjà en vigueur, rapporte « Eglises d’Asie », l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (EDA 2007 - 1er octobre 2007, eglasie.mepasie.org).



Au centre-est de l’Inde, dans l’Etat du Chhattisgarh, les chrétiens se sont réjouis de la décision prise par le gouverneur de l’Etat, le 10 septembre dernier, de ne pas signer le texte de loi, voté en août 2006 (1), qui venait renforcer la loi anti-conversion en vigueur dans l’Etat depuis 1968 (2). « Le gouverneur a agi raisonnablement », a commenté Mgr Paul Toppo, évêque de Raigarh, un des quatre diocèses catholiques de l’Etat.

L’Etat du Chhattisgarh, détaché du Madhya Pradesh en 2000, a continué d’appliquer la loi sur les con-versions, déjà en vigueur dans l’Etat dont il est issu. Cette loi, intitulée « Loi sur la liberté religieuse », interdit les conversions obtenues de force ou par promesse de subsides financiers et exige que chaque conversion volontaire soit enregistrée auprès du magistrat du district dans les sept jours qui suivent.

La « Loi du Chhattisgarh sur la liberté religieuse 2006 », votée à l’initiative du gouvernement appartenant au BJP (Bharatiya Janata Party, Parti du peuple indien), le parti nationaliste hindou, prévoyait, d’une part, que les personnes ayant procédé à des conversions dans les termes de la loi de 1968 soient passibles de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 20 000 roupies (près de 335 euros), et d’autre part que toute demande de changement de religion soit soumise à l’autorisation du magistrat local, 30 jours à l’avance, ce dernier étant libre d’accepter ou de refuser. Selon Mgr Paul Toppo, cette loi était discriminatoire car, dans les faits, elle interdisait aux hindous de devenir chrétiens, mais permettait à ces derniers de devenir hindous, le retour « à la religion d’origine » n’étant pas considéré comme une « conversion forcée » (3).

Des lois anti-conversions sont actuellement en vigueur dans quatre Etats de l’Union indienne : l’Arunachal Pradesh, le Chhattisgarh, le Madhya Pradesh et l’Orissa. Au Madhya Pradesh, une nouvelle loi anti-conversion, votée en juillet 2006 et venant renforcer la loi de 1968, a été déclarée non conforme aux principes de la Constitution indienne en juillet 2007 (4). Au Gujarat, au Rajasthan et en Himachal Pradesh, les Assemblées législatives respectives de ces Etats ont voté des lois anti-conversions, mais ces textes n’ont pas été promulgués (5).

Au Chhattisgarh, vivent près de 400 000 chrétiens, dont 320 000 catholiques, pour une population de 20,8 millions d’habitants.

(1) Au sujet du vote par l’Assemblée législative du Chhattisgarh du décret renforçant la loi anti-conversion, voir EDA 446
(2) Au sujet de l’application de la loi anti-conversion, voir EDA 358
(3) Au sujet des conversions à l’hindouisme de chrétiens, voir EDA 431
(4) Voir EDA 466
(5) Voir EDA 467 et 448 pour le Gujarat et EDA 455 pour le Rajasthan