Institut Sophia de Bruxelles : des jeunes en quête de vérité et d'amour !

Servir autrui, le chemin privilégié

Rome, (Zenit.org) Gaëlle Formain | 444 clics

« Servir autrui et s’efforcer de soulager ses souffrances est le chemin privilégié tracé par Jésus vers la joie du Père », explique le prof. Michel Ghins, professeur émérite de philosophie des sciences à l'Université Catholique de Louvain, dans cette présentation de la « formation complète » et communautaire reçue par les jeunes pendant un an à l’Institut Sophia de Bruxelles.

Zenit - Depuis 7 ans des jeunes belges, français, suisses, polonais viennent à Bruxelles étudier à l’Institut Sophia. Pouvez-vous nous rappeler les objectifs de cette formation ?

Prof. Michel Ghins - Nous proposons une formation complète de la personne, selon les dimensions intellectuelle, spirituelle et de service. L’Institut d’Etudes Théologiques (IET), dirigé par les jésuites, offre des cours et travaux pratiques de niveau universitaire en philosophie et théologie. En outre, les jeunes consacrent un jour par semaine à une activité de service auprès de personnes plus fragiles. Enfin, les étudiants Sophia vivent en maison communautaire avec d’autres jeunes, étudiants ou professionnels, avec lesquels ils partagent des temps de prière, des partages et des célébrations.

Que cherchent les jeunes qui frappent à la porte de Sophia ?

L’année Sophia est ouverte aux jeunes de 18 à 25 ans et leur donnent l’opportunité de prendre un vrai temps de recul pour creuser les questions de fond qui les habitent, et cela sous le regard du Christ. Ces jeunes sentent qu’ils ont besoin à la fois d’un cadre adéquat et de temps pour répondre librement à leurs interrogations et creuser le sens de leur vie.

Vous êtes professeur de philosophie. Selon vous, qu’est-ce qu’une formation philosophique peut apporter à un jeune ?

On sait l’importance qu’a joué et continue de jouer la philosophie dans la constitution du Magistère catholique. Jean Paul II, entre autres, a développé une forte et belle philosophie de la personne dont ses Encycliques portent la trace. La rigueur philosophique permet de mieux comprendre les fondements de la foi chrétienne (et de montrer que la foi et la raison loin de s’opposer sont complémentaires). En outre, la pratique de la philosophie développe des qualités de précision, de hauteur de vue et de profondeur  qui peuvent s’avérer très utiles dans tous les domaines, y compris la conduite de sa propre vie.

Croyez-vous que cela vaille la peine de consacrer une année à une telle formation ?

Oui, j’en suis convaincu. Pour les jeunes qui sortent des études secondaires, cette année constitue une transition bienvenue avant d’entamer des études universitaires. La formation Sophia accroît leurs chances de réussite. Pour les jeunes qui ont déjà un diplôme supérieur ou ont travaillé, l’année Sophia leur permet de prendre du recul, de faire le point avant de prendre des décisions importantes, professionnelles ou personnelles, à la lumière de l’Evangile.

Le contenu des cours est exigeant et attrayant. Pouvez-vous nous en présenter les grandes options ?

Le programme comprend des cours de philosophie, de théologie, de lecture de textes bibliques et de réflexions sur des questions d’actualité. La singularité de la pédagogie de l’IET est également notable, elle offre un cadre pour une réelle participation en cours. Le programme  n’est pas très chargé (20h de cours par semaine) ce qui permet à l’étudiant de se consacrer à des lectures et travaux personnels. Chaque étudiant est suivi par des accompagnateurs qui revoient avec eux le contenu des cours et les aident dans la rédaction de leurs travaux.

La formation Sophia comprend aussi un temps de service où l’étudiant se donne aux plus fragiles. Cette dimension de service est-elle importante ?

Le service est l’un des piliers de la formation Sophia. Servir autrui et s’efforcer de soulager ses souffrances est le chemin privilégié tracé par Jésus vers la joie du Père. Au contact de personnes très âgées, moins valides ou en situation de grande précarité, comme les SDF, les jeunes peuvent découvrir des réalités qu’ils ignoraient, avoir des échanges forts et vrais, et aussi mûrir intérieurement. Selon sa personnalité, le jeune pourra choisir entre divers services proposés.

La dimension spirituelle est centrale à la formation Sophia. Comment est-elle mise en valeur ?

Certains cours, principalement ceux consacrés aux lectures de textes bibliques, ont un contenu spirituel évident. Ils permettent aux étudiants d’apprendre à s’ancrer dans la tradition de l’Eglise et dans celle plus large du Peuple de Dieu à travers l’étude de l’Ancien Testament. Les célébrations, celles de l’IET et celles du jeudi soir dans la maison Sophia, sont des moments forts. Après le repas communautaire qui suit la messe du jeudi soir, a lieu un temps d’enseignement sur un thème spirituel dispensé en général par le prêtre qui a présidé la célébration. Ce temps est également un temps de partage où chacun peut faire part de ses interrogations. Un accompagnement spirituel est également disponible pour ceux qui le souhaitent. C’est la dimension spirituelle qui confère unité et profondeur aux aspects intellectuel et de service de la formation Sophia.

Comment résumeriez-vous la spécificité de la formation Sophia ?

L’Institut Sophia offre formation complète de la personne à travers un programme cohérent dans le cadre d’une structure d’une dimension qui permet une réelle flexibilité en fonction des aptitudes et des attentes de chacun. Les travaux des étudiants sont accompagnés. Lors d’un entretien hebdomadaire avec la personne accompagnante, l’étudiant peut faire part de ses progrès et difficultés éventuelles.

Les cours se donnent à l’Institut d’Etudes Théologique. Cet Institut, dirigé par les Jésuites de Bruxelles, accueille de nombreux séminaristes. Les cours sont de niveau universitaire et sont fortement axés sur la formation chrétienne des étudiants.

Situé en plein cœur de Bruxelles, l’Institut Sophia organise plusieurs activités pour faire découvrir  aux étudiants la capitale de l’Europe  et ses nombreuses ressources historiques et culturelles.

Des jeunes diplômés peuvent-ils se  permettre encore une année d’études avant d’entrer dans la vie professionnelle ?

Cela dépend de la situation personnelle de chacun. Pour les jeunes qui ont des difficultés matérielles, un système de bourses est prévu. Certains jeunes, après des études supérieures, n’ont pas une vision claire de ce qu’ils veulent faire. L’année Sophia peut les aider à discerner ce qu’ils veulent profondément et leur rôle dans le projet de Dieu pour l’humanité.

Comment, en tant que nouveau président de l’Institut Sophia, voyez-vous l’avenir ?

Avec confiance ! Nous offrons une formation solide et de grande qualité. Elle est aussi originale, parce que nous visons une formation intégrale de la personne. Très peu de formations de ce type sont offertes alors qu’elles répondent à une demande croissante dans ce monde compliqué et incertain où les jeunes ont parfois de grandes difficultés à s’y retrouver. Plus que jamais, l’Evangile et le Christ sont des repères porteurs pour des jeunes en quête de vérité et d’amour.