Intentions de prière de Benoît XVI pour février 2013

La paix commence dans nos coeurs

Rome, (Zenit.org) P. Frédéric Fornos, sj | 1976 clics

Chaque mois le pape Benoît XVI nous confie deux intentions de prière, deux défis qu’il discerne pour notre monde et la mission de l’Eglise. Voici celles du mois de février 2013.

Intention de prière universelleLa construction de la paix
Pour que ceux qui souffrent de guerres et de conflits soient les protagonistes d'un futur de paix.

Intention de prière missionnaire - Les familles de migrants
Pour que les familles de migrants, les mères en particuliers, soient soutenues
et accompagnées dans leurs difficultés. (Commentaire ici : http://www.apostolat-priere.org/index.php/derniere-minute.html )

La paix commence dans nos cœurs

Les conséquences psychologiques, émotionnelles et spirituelles de la guerre sont d’une profondeur insoupçonnée sur les familles et les communautés, souvent sur plusieurs générations. Les écosystèmes sont aussi touchés. Le pape nous invite à prier pour que ceux qui souffrent de la violence des guerres et des conflits dans leur chair puissent devenir des artisans de paix. Pourquoi ? Parce qu’ils en connaissent le chemin et les obstacles.

Comment favoriser un chemin de Paix ? Il y a aujourd’hui environ 40 conflits armés dans le monde...  dont les derniers, la Syrie et le Mali. Nous pouvons rêver d'un monde qui ne serait pas traversé par le mal, la haine et la violence ; cependant la réalité du mal dans l’histoire, et du péché dans nos vies, marque les relations sociales et politiques. Jean-Paul II, dans Sollicitudo rei socialis, parle de « structures de péché ». Aussi « quand la violence se déchaine, avant de parler de réconciliation, de faire régner la justice et l’harmonie, il s’agit de séparer les combattants, de chercher des compromis, de proposer des procédures d’arbitrage… Parfois même – ô paradoxe ! – il s’agit de recourir aux armes, dans l’urgence, pour ‘’désarmer un agresseur’’ (expression utilisée par Jean Paul II) en train de commettre des agressions si graves qu’aucune indifférence n’est légitime : purification ethnique, massacres, génocides… » (1). La paix c’est arriver au minimum à une absence de violence.

Comment favoriser un chemin de Paix ? Toute violence se légitime par une violence antérieure : « C’est lui qui a commencé ! » disent les enfants aussi bien que les chefs de guerre. C’est pourquoi souvent, un « tiers » est essentiel pour aider au dialogue, sans qu’aucun des adversaires n’ait à faire le « premier pas ». C’est ainsi que de nombreux conflits armés se règlent : avec les Norvégiens pour les accords d’Oslo et pour le Sri Lanka, Sant-Egidio au Mozambique, Nelson Mandela au Burundi, les Finlandais en Indonésie (Aceh), etc. Cependant la paix ne peut advenir sans l’engagement de ceux qui, les premiers, subissent la violence.  La paix n’est donc pas l’absence de conflits, comme on pourrait le penser. Dans l’Evangile Jésus ne refuse pas le conflit, mais la haine et la violence. Il invite à vivre les conflits sans haïr l’ennemi, en respectant en lui la personne humaine, afin de laisser toujours ouverte la perspective d’une réconciliation.

La plupart d’entre nous, en France, n’avons pas connu de guerre, mais nous avons l’expérience des conflits dans nos familles ou au travail. Nous savons combien il peut être difficile de se parler, de s’écouter avec respect, et surtout de se pardonner. La guerre et les conflits commencent ici et maintenant dans nos cœurs, chaque fois que nous laissons place à la violence plutôt qu’à la justice et au pardon. La paix est liée à la justice. C’est pourquoi est « artisan de paix », non seulement celui qui se réconcilie avec les autres, mais aussi celui qui défend les droits de l’homme, crée des ponts entre les peuples et soutient des relations plus justes entre les pays du Nord et du Sud.

Tout commence en nos cœurs. S’il n’y avait dans les conflits que des « intérêts », ils se régleraient vite, car un compromis est souvent possible. Mais ce sont plutôt les passions qui nous conduisent et nous entraînent : la peur, la vengeance, la recherche du pouvoir, les sentiments d’humiliation, les fanatismes idéologiques ou religieux, etc. Le combat pour la paix est d’abord en nous.  

Prions pour la paix, pour tous ceux qui subissent guerres et conflits. Prions pour eux, prions pour nous, car la paix est un don de Dieu, elle commence dans nos cœurs.

Père Frédéric Fornos, sj

(1) – Cet article s’inspire de documents écrits par Christian Mellon sj, Secrétaire national de Justice et Paix-France (1977-2004) – Centre de Recherches et Actions sociales.

L’Apostolat de la prière est le service officiel des intentions de prière du Pape :
www.apostolat-priere.org