Interpol et le Saint-Siège : viser le bien commun

Toute la société concernée par la lutte contre la criminalité

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ROME, vendredi 9 novembre 2012 (Zenit.org) – Benoît XVI salue le travail d’Interpol « en vue de la réalisation du bien commun ». Mais la répression ne suffit pas : toute la société doit être impliquée dans la lutte contre la violence et la criminalité, et les sanctions contre les criminels doivent également avoir pour objectif qu’ils se corrigent. Il faut aussi inclure la lutte contre la misère.

Le pape a en effet reçu ce vendredi 9 novembre, en audience au Vatican les participants de la 10e assemblée générale de cette organisation internationale de coopération policière, qui rassemble à Rome depuis lundi dernier, 5 novembre, les représentants de 190 Etats, autour du thème de « la lutte contre la criminalité ». L’Etat de la Cité du Vatican fait partie d’Interpol depuis 2008. L’organisation collabore avec la Gendarmerie vaticane spécialement à l’occasion des voyages pontificaux.

L’assemblée a également élu la nouvelle présidente d’Interpol, une Française, Mme Mireille Ballestrazzi, 58 ans, jusqu’ici vice-présidente pour l’Europe du comité exécutif d’Interpol : c’est la première femme à ce poste de présidente.

Dans un discours en anglais, en français et en espagnol, Benoît XVI a rendu hommage au travail des policiers, et il a rappelé les fondamentaux de la lutte contre la violence sous toutes ses formes.

« La violence criminelle est un phénomène si dangereux qu’il constitue un grave facteur de déstabilisation de la société, et parfois, met à dure épreuve la suprématie même de l’Etat », a constaté Benoît XVI.

Il s’est dit inquiet devant le développement de la « traite des personnes », des « trafics de biens ou de substances », comme la drogue, les armes, les marchandises contrefaites, les médicaments « qui tuent au lieu de soigner », surtout les plus pauvres.

Plus encore, le pape a dénoncé le trafic international d’organes : « Ce commerce illicite devient encore plus exécrable quand il concerne les organes humains de victimes innocentes: elles subissent des drames et des outrages que nous espérions dépassés pour toujours depuis les tragédies du XXème siècle ».

Il a dénoncé ces « crimes qui brisent les barrières morales progressivement érigées par la civilisation et proposent une nouvelle forme de barbarie ».

Ainsi, la violence de la criminalité organisée est en effet « responsable chaque année de la plus grande partie des décès par mort violente dans le monde ».

Il a déploré le fait qu’« à partir d'une stratégie subversive typique de certaines organisations extrémistes », le terrorisme se soit « transformé en un réseau obscur de complicités politiques, en utilisant aussi des moyens techniques sophistiqués, des ressources financières considérables et en élaborant des projets à vaste échelle ».

Cette violence « blesse profondément la dignité humaine et constitue une offense à l’humanité entière » : elle doit donc être combattue, mais toujours, a recommandé le pape, « dans le respect des droits de l’Homme et des principes d’un Etat de droit ».

D’autre part, il faut également avoir pour objectif « le repentir et la correction du criminel qui demeure toujours une personne humaine, sujets de droits inaliénables, et comme tel, ne doit pas être exclu de la société mais doit être récupéré ».

Mais pour le pape, les seules forces de l'ordre se suffisent pas, la réponse à la violence doit impliquer « la participation de toutes les instances qui peuvent influer sur ce phénomène », c’est-à-dire, « toute la société », des familles, en passant part les écoles, les institutions religieuses, les media et chaque citoyen.

La répression, explique encore Benoît XVI a besoin de s’accompagner « d’une analyse courageuse et lucide des motivations sous-jacentes à de telles actions criminelles inacceptables », notamment les « facteurs d’exclusion sociale et d’indigence ».