IOR : publication en ligne du Rapport annuel

Mise en oeuvre concrète de la transparence

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 503 clics

Pour la première fois, l’institut financier du Vatican, l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) publie son rapport annuel pour 2012, ce 1er octobre 2013, sur son site en ligne : c’est le fruit de la mise en oeuvre de l’option de transparence, notamment à l'adresse des catholiques du monde entier.

C’est le premier rapport publié publiquement, dans la ligne de la « transparence » voulue par le pape émérite Benoît XVI et le pape François, et par le président de l’institut, M. Ernst Von Freyberg. Ce n’est donc pas le rapport qui est une nouveauté, c’est sa publication, en ligne.

L’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), l'institut financier du Vatican, avait en effet inauguré mercredi 31 juillet, son site internet, www.ior.va , pour “continuer à aller vers plus de transparence”, avait expliqué le président de l’IOR, Ernst von Freyberg (cf. Zenit du 1er août 2013).

Les trois clefs de la transparence

Pour ce qui est de la transparence, M. von Freyberg souligne au micro de Radio Vatican que « c’est l’élément clef » : « A partir du mois de mars, nous avons lancé une stratégie basée sur trois piliers. L’un est d’ouvrir et de s’engager dans un dialogue avec les media, en disant les faits de façon systématique : et maintenant nous avons un bureau de presse pour l’IOR. Le deuxième élément est la création d’un site en ligne qui puisse constituer une source accréditée sur tout ce qui concerne l’institut. Troisième élément : la publication du Rapport annuel. »

Et après la transparence ? Il ajoute : « Nous avons fait un long chemin sur la voie de la transparence et de la conformité. Notre prochain pas important sera d’examiner notre service au client et de voir comment nous pouvons améliorer nos produits et les services que nous leurs offrons. »

M. von Freyberg voit dans ces mesures « un nouveau pas vers la création d’un institut conforme et transparent pour lequel le Saint-Père décidera plus tard dans l’année, ou l’année prochaine, de la direction qu’il veut lui faire prendre. »

Soutien financier à l’Eglise

Les bénéfices nets de l’institut s’élèvent, pour 2012, à 86,6 millions d’euro. L’IOR a ainsi apporté une contribution de 54,7 millions d’euro au budget du Saint-Siège.

M. von Freyberg a tenté de déchiffrer le document : « Nous présentons le premier Rapport annuel en 125 ans d’histoire de l’IOR. Il contient une description de notre travail, un résumé de 2012 et des huit premiers mois de 2013 : déclarations de nos Administrateurs de surveillance, de la Commission des cardinaux et du prélat. Il contient en outre plus de 60 pages de déclarations financières détaillées, avec une vérification complète de la (société de certification internationale) KPMG.
Pour M. von Freyberg, on n’a pas besoin d’être expert-comptable pour comprendre le Rapport : « Si vous lisez la lettre d’introduction et la description de notre travail en 2012-2013, vous réussirez à bien comprendre ce que représente l’Institut pour les œuvres de religion. »

A qui s'adresse ce Rapport

Il souligne que ce Rapport est d’abord un outil pour l’Eglise : « Il y a environ un milliard de catholiques dans le monde : ils ont le droit de savoir ce que fait cette partie du Saint-Siège. Ils ont aussi le droit de comprendre de quelle façon nous contribuons au bien-être de l’Eglise dans le monde. »

Le Rapport s’adresse aussi aux « partenaires » de l’IOR, les « banques « correspondantes » qui comptent sur le fait que nous sommes un ‘business-partner’ solide et bien géré. »

Enfin, il s’adresse à un troisième groupe, celui des media, « des analystes financiers qui peuvent avoir un intérêt, et le public en général. »

Vérification internationale

Il précise que « les comptes de l’IOR ont été soigneusement contrôlés, toujours par des sociétés internationales de révision respectables » : « En 2013, ils ont été contrôlés par la KPMG. La chose en soi n’est pas inhabituelle pour l’IOR mais ce qui est inhabituel c’est d’être prêts à tout publier.»
Rien de neuf, précise-t-il, pour ces six derniers mois, ni pour ce qui est ce que fait l’IOR ni pour ce qui concerne les clients ou la mission de l’institut.

Mais ce qui est nouveau, ce sont les « détails » : « La chose la plus surprenante sera à quel point ce n’est pas surprenant. Vous pouvez voir une institution financière gérée de façon plutôt conservatrice, qui protège ses actions, qui investit dans un domaine plutôt conservateur comme les obligations d’Etat et les dépôts bancaires. Et on verra une institution hautement capitalisée. A la fin de l’an dernier, notre patrimoine net était de 15 %, ce qui très au-dessus de celui des institutions financières similaires. »

Une aide extérieure indispensable

Pour ce qui est du « contrôle des comptes » qui est actuellement en cours, M. von Freyberg souligne qu’il « va bien », et depuis mai il est confié au « Promontory-Group », des Etats-Unis : « Ils révisent chaque compte et ils font aussi des enquêtes spéciales pour nous. Depuis, avec eux, nous avons examiné  nos procédures d’acceptation des clients et notre rapport à eux, pour être sûrs qu’aucune opération de recyclage ne passe par l’institut. Ces trois projets se poursuivent selon nos plans. Nous avons un nouveau manuel, nous avons des procédures nouvelles, et nous sommes aussi prêts pour une inspection de la part de tiers. »

Il ajoute que cette aide externe est « nécessaire pour deux raisons : « Tout d'abord, on a besoin de quelqu’un qui ait des compétences à l’avant-garde, qui s’occupe de ces processus régulièrement pour différentes institutions dans le monde. La seconde, est également importante : c’est un gros travail ! Il y a 20 ou 25 personnes de Promontory qui font ce travail chaque jour, et nous, sur place, nous n’avons pas ces ressources. »