Irak : Attaque contre des étudiants chrétiens

4 morts et 171 blessés

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ROME, Mardi 4 mai 2010 (ZENIT.org) - Quatre personnes ont été tuées et 171 autres blessées dimanche dans un attentat à la bombe contre un bus transportant des étudiants d'une localité à majorité chrétienne à l'université de Mossoul (Irak).

L'archevêque chaldéen de la ville, Mgr Emil Shimoun Nona, a rapporté les détails de cette attaque aux effets dévastateurs, au service d'information religieuse de la conférence épiscopale italienne. 

Le convoi d'autobus assurant chaque matin la liaison entre Qaraqosh, une localité presque entièrement chrétienne, et l'université de Mossoul, a été attaqué sur la route aussitôt après son passage devant le premier poste de contrôle de la sécurité irakienne, a expliqué le père Rayan Atto, d'Erbil, sur le blog Bagdadhope.  

Une première explosion puis une autre provenant d'une voiture piégée garée sur le bord de la route ont eu des effets tragiques sur les autobus au moment de leur passage, touchant trois d'entre eux.

Chaque voiture transportait près de 50 étudiants âgés de 18 à 26 ans. 

L'escorte, deux voitures devant et une autre à l'arrière du convoi, n'ont pas pu éviter le massacre.

Après ces attentats, des dizaines de jeunes, dont certains grièvement blessés, ont été transportés aux hôpitaux d'Erbil. 17 d'entre eux seraient encore dans un état jugé critique. 

Les chrétiens du village et des centres limitrophes se sont précipités dans les hôpitaux pour avoir des nouvelles des blessés et donner leur sang.

« Nous avons affaire à une autre, à une énième attaque contre les chrétiens », a déclaré Mgr Nona. « La violence continue sans répit ».

Selon l'archevêque, « le vide de pouvoir qui s'est créé après les élections, l'absence d'un nouveau gouvernement, les diatribes au sein des partis, ne font qu'accentuer ce terrain de violence ». 

Pour sa part, le vicaire chaldéen de Bagdad, Mgr Shlemon Warduni, s'est plaint lundi de « n'avoir reçu aucun mot de solidarité ou d'excuses de la part des responsables des Institutions ».

La communauté chrétienne a été très frappée par cet attentat. « Vraiment nous sommes désarmés devant cette violence », s'est confié Mgr Warduni.

« Nous sommes choqués car les victimes n'étaient ni des soldats ni des militants, mais de simples étudiants qui portaient avec eux des livres, des stylos, et leurs rêves de grandir et de servir leur pays », a commenté le père rédemptoriste Bashar Warda. 

« Les chrétiens sont toujours pris pour cible et sont les victimes privilégiées de la violence », a-t-il ajouté.