Irak : désarmer les groupes terroristes

Appel du nonce pour la paix

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 467 clics

Pour apaiser la situation irakienne, il faudrait « agir sur le désarmement des groupes terroristes » et « avoir un plus grand contrôle du territoire », estime Mgr Lingua, qui garde cependant « l'espérance » : « le Seigneur regarde ce pays, depuis le début de l'histoire du salut, et donc je crois qu'il n'est pas oublié ».

Après l'appel du pape pour la paix en Irak, hier, 30 octobre 2013, un double attentat kamikaze a été perpétré contre les soldats irakiens et les membres des milices anti al-Qaeda à Tarmiyah, à 50 kilomètres au nord de Bagdad, provoquant au moins 24 morts.

Mgr Giorgio Lingua, nonce apostolique en Irak et Jordanie, revient sur la situation du pays au micro de Radio Vatican, exprimant un « sincère remerciement » au pape pour son appel « plus que jamais opportun ».

Soulignant le « besoin d'une plus grande réconciliation, paix, stabilité » dans le pays, il évoque « environ 7.000 morts depuis le début de l'année à cause d'attentats terroristes ».

Pour apaiser la situation, il faudrait « agir sur le désarmement des groupes terroristes », et « avoir un plus grand contrôle du territoire », estime-t-il : « l'avenir dépend de la situation politique ».

Mgr Lingua garde cependant « l'espérance », « une vertu chrétienne peut-être parfois cachée dans le cœur de tout chrétien » et qui se sent « au regard de la foi ».

Pour le nonce, « le Seigneur regarde ce pays, depuis le début de l'histoire du salut, et donc je crois qu'il n'est pas oublié » : « ce que le peuple irakien est en train de traverser est une épreuve qui pourra faire davantage mûrir la communauté chrétienne et la faire revenir à une plus grande authenticité évangélique ».

La situation des chrétiens d'Irak en effet n'est pas facile, fait-il observer : s'il est « exagéré » de parler de persécution, les chrétiens sont toutefois victimes de « discrimination » et « marginalisation ».

A la différence des années passées, « où ils étaient spécifiquement objets d'attentats terroristes », les chrétiens aujourd'hui « vivent la tragique réalité de tous les citoyens irakiens, où on ne parvient pas à mettre fin à ces actes de violence qui souvent ne sont pas revendiqués » et dont « on ne comprend pas bien quelles en sont la racine et la motivation ».

Pour illustrer leur situation, le nonce cite l'ancienne ministre de l’immigration, Mme Pascale Warda, qui confie que chaque soir avec son mari, elle rend grâce parce que ses fils sont revenus à la maison : « c'est la réalité que vivent les familles : une grande incertitude et une grande reconnaissance à Dieu quand les enfants rentrent le soir ».

Malgré tout, Mgr Lingua perçoit « une grande appréciation à l'égard des chrétiens, pour ce qu'ils ont fait et ce qu'ils sont, des gens honnêtes qui contribuent au bien du pays ».