Irak: L'évêque catholique latin dénonce la "traite des enfants"

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CITE DU VATICAN, Mardi 8 juillet 2003 (ZENIT.org) - En Irak, "la traite des enfants a déjà commencé !", dénonce l'agence catholique belge "Cathobel" qui titre: "L'archevêque latin de Bagdad lance un appel à ouvrir les yeux".



Mgr Jean Benjamin Sleiman, OCD, archevêque latin de Bagdad, dénonce à l'organisation humanitaire italienne « Peacereporter » la disparition de dizaines d'enfants des orphelinats de la capitale. « L'après-guerre, c'est également ça et le monde doit le savoir » soutient Mgr Sleiman. Selon lui, ces enfants ont été enlevés, vendus à des commerçants de drogue et de sexe. Une situation qui se prolongera tant que le pays ne possèdera pas d'autorité reconnue.

Les enfants dont parle l'archevêque de Bagdad seraient une centaine. « Vous pouvez les voir dans la rue, pendant qu'ils offrent du sexe ou se droguent avec des substances importées spécialement pour eux. Non, je n'ai pas de preuves, je ne connais pas de noms particuliers, mais regardez autour de vous... l'école d'en face... regardez ! »

« Les parents accompagnent personnellement leurs enfants à l'école, et ils descendent de leur voiture armés. Tous ont peur des enlèvements, car il ne s'agit pas de gens qui se limitent à voler les enfants des orphelinats, mais ils les prennent aussi dans la rue. Tous ont peur. Une femme m'a raconté que des hommes armés l'ont arrêtée en plein centre et lui ont demandé de choisir entre la voiture et la fillette qui était avec elle » continue Mgr Sleiman.

Informer, parler, lutter, avec une autorité reconnue.

« Certes, ce ne sont que rumeurs car dans cette confusion personne n'est en mesure de faire un recensement, mais la réalité est bien visible » ajoute l'Archevêque. « Trop d'armes circulent encore à Bagdad, et maintenant elles sont entre les mains d'individus louches, qui se sont jetés dans les affaires après la guerre. Et il n'existe aucune autorité reconnue ».

Quant on lui demande pourquoi, selon lui, on enlève des enfants, sa réponse est longue... « Mafia, sexe, drogue, organes ». Pourquoi personne n'en parle? « Par honte, par complicité, par peur » explique encore Mgr Sleiman. « Il faut informer le monde sur ce qui est en train de se passer ici, il faut une autorité qui soit en mesure d'affronter ce problème et de l'éliminer. Les jeunes sont à la dérive, dans un pays à la dérive; il ne reste plus qu'à espérer que des gens qui ont bon coeur puissent lever le voile sur ces histoires terribles ».

« Peacereporter » est une association humanitaire italienne qui s'occupe, entre autres choses, des problèmes de l'enfance. Les paroles de Mgr Sleiman étaient reprises dans un rapport sur la nouvelle urgence iraqienne, rendu public cette semaine.

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