Irak : Mgr Sako parle du « scandale » des attentats pendant le ramadan

Il évoque aussi le sens de la présence de jeunes irakiens aux JMJ

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ROME, Jeudi 18 août 2011 (ZENIT.org) – Alors qu’au moins 66 personnes sont mortes dans des attentats qui ont touché ces derniers jours plusieurs villes en Irak, en plein mois du ramadan, Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkouk, parle d' un « scandale ». Ce mois devant être en effet consacré à la « paix » et à la « conversion ».

« Les attentats ont eu lieu durant le ramadan. C’est un scandale, tant pour les chrétiens que pour les musulmans », a-t-il affirmé sur Radio Vatican.

Mgr Sako a notamment déploré l’attentat qui a touché une église syro-orthodoxe de Kirkouk. « Nous éprouvons beaucoup d’angoisse parce que nous ne savons pas qui se cache derrière ces attaques. Nous ne savons pas s’il s’agit d’Al Qaeda ou d’autres groupes. Et nous ne savons pas pourquoi ces attaques ont lieu », a-t-il affirmé.

« Il n’y a aucune raison d’attaquer une église : les chrétiens sont une minorité. Ils ne sont un danger pour personne. Nous sommes préoccupés. C’est une situation vraiment terrible ».

Selon lui, la situation semble empirer de jour en jour. « Il y a des forces, des groupes régionaux – irakiens également – qui ne veulent ni la sécurité, ni la stabilité. Ils ont leur agenda et le gouvernement n’est pas bien préparé à affronter cette situation », a expliqué Mgr Sako. « Le gouvernement cherche à faire quelque chose pour apporter une certaine sécurité à la ville et au pays tout entier, mais il n’a pas les moyens de contrôler ».

Le prélat s’est enfin exprimé sur les Journées mondiales de la jeunesse de Madrid, rappelant qu’ungroupe de 20 jeunes irakiens est parti de Kirkouk avec deux prêtres, sans compter les groupes de Bagdad, Mossoul, et d’autres villes du pays.

« Pour nous, être là signifie être en communion avec l’Eglise universelle », a-t-il expliqué. « Il y a cette espérance mais il y a aussi une peur de l’avenir. Nous avons la même foi et donc être là, en Espagne, veut dire être présents aussi en Irak. En Occident, on pense peut-être à l’aspect économique, mais pour nous il y a quelque chose de plus important : la solidarité humaine, morale, spirituelle ».