Irak : soutenir les populations par l'aide humanitaire

Mise au point sur la situation

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 517 clics

Jean Jacques Pérennès, op, qui a été responsable provincial des frères dominicains d'Irak pendant des années, publie une mise au point au sujet d'informations circulant à propos des dominicains en Irak.

Face à « des nouvelles très alarmistes faisant état de massacres de chrétiens », il invite à « être plus modéré » et à « éviter de faire circuler trop vite des nouvelles non confirmées ».

La situation est « très complexe », et il s’agit « de soutenir au bon endroit, par exemple par l'aide humanitaire aux personnes déplacées, et, bien sûr, par notre prière », estime-t-il.

Il confirme que « l'EEIL (Etat islamique en Irak et au Levant, une faction djihadiste proche d’Al-Qaïda) a investi Mossoul et y fait régner sa loi » et que « les habitants de Mossoul, chrétiens et musulmans confondus, ont fui la ville en masse ».

Mais « les villages chrétiens de la plaine de Ninive et, en particulier, Caracoche, n'ont pas été investi par l'EEIl, mais sont maintenant sous le contrôle des peshmergas kurdes », précise-t-il.

« La situation humanitaire de ces villages est actuellement désastreuse » : « ils manquent d'eau et d'électricité, ce qui est particulièrement éprouvant dans une région où la chaleur en cette saison dépasse les 40°C », ajoute-t-il.

Le P. Pérennès explique que « les sunnites punissent ces villes dont les Kurdes ont pris le contrôle et disent à leurs habitants : « demandez aux Kurdes de vous fournir l'électricité et l'eau ». Le problème c'est que les réseaux électriques et les réseaux de l'eau sont alimentés uniquement de Mossoul. Il faut donc s'attendre à ce que cela dure. »

Il cite par ailleurs un religieux de Bagdad, pour qui la situation actuelle est « une bombe à retardement » : « l'appel des dignitaires chiites à distribuer des armes aux chiites contre les terroristes risque de dégénérer en guerre civile. La peur règne à Bagdad et personne ne sait ce que ça va passer dans les jours qui viennent. Quelle sera la solution ? Est-ce la partition de l'Irak en trois (chiistan, sunnistan et Kurdistan) ? et quel sera le prix de tout cela ? », s’interroge la même source sur place.

Le Vatican a exprimé sa « vive préoccupation pour la détérioration de la situation » en Irak, dans un communiqué de la Congrégation romaine pour les Eglises orientales catholiques publié le 12 juin.