Iraq: L'espérance de Mgr Sleiman contre toute espérance

Le Mercredi des Cendres à Bagdad

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CITE DU VATICAN, Mercredi 5 mars 2003 (ZENIT.org) - De Bagdad, Mgr Jean Benjamin Sleiman, archevêque latin de la capitale iraquienne, a confié à l'agence missionnaire italienne Misna son espérance malgré les menaces d'un conflit meurtrier.



On se souvient qu'à l'initiative de Mgr Sleiman, les reliques de sainte Thérèse de Lisieux étaient arrivées fin novembre à Bagdad, pour y demeurer jusqu'au 26 décembre, un grand événement pour toute la communauté chrétienne en Iraq.

"On avance, comme vous le dites vous Italiens, on se laisse vivre", déclarait aujourd'hui Mgr Sleiman à Misna. A Bagdad, la journée de jeûne et de prière demandée par Jean-Paul II "est très suivie", indique Mgr Sleiman. "Elle représente surtout une lueur d'espoir. Nous savons qu'il y aura la messe à Washington avec le cardinal Pio Laghi et donc symboliquement cette messe est une communion pour la paix".

Quelle est la situation générale dans la ville? "Les gens sont dans un état d'attente, les rues sont plus vides, nombreuses sont les personnes qui sont parties, qui le peut tente de le faire, on attend. Avec espoir mais sans trop de confiance".

Les paroles du prélat traduisent la préoccupation : “L'information aussi conditionne, certaines fois elle fournit des dates, ce vendredi, le premier, le quinze … tout le monde est troublé. Les personnes ont peur, nombreuses sont celles qui ont vécu une expérience similaire, après 12 années ils savent que les technologies militaires se sont améliorées et sont encore plus dangereuses".
A propos des conditions de vie de la population à Bassora, l'archevêque répond: "Je peux parler de ma petite communauté latine qui est restée là-bas, peut-être 150 personnes. Non seulement les enfants mais les adultes aussi vivent dans la misère totale. De ce groupe, seules 3 ou 4 personnes vivent de façon convenable, tous les autres sont victimes de la pauvreté. Certainement les enfants souffrent davantage encore mais il y a une situation générale qui a aussi une influence. L'alimentation de base existe mais je ne crois pas qu'elle soit suffisante pour les enfants. Même la qualité des produits n'est plus celle d'avant. Les écoles sont ouvertes, les bureaux fonctionnent, mais il y a une entente très angoissée certainement".

"La crise irakienne a provoqué le déploiement de plus de 200.000 soldats anglo-américains dans le Golfe, engagé une quantité énorme d'argent, d'énergie, de ressources. Quelqu'un se souviendra de ces enfants avant de lancer les missiles?", interroge Misna.