Irlande : Démission et excuses de Mgr Magee, évêque de Cloyne

L’ancien secrétaire de trois papes mis en cause

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ROME, Mercredi 24 mars 2010 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a accepté la renonciation à la charge d'évêque que lui a présentée Mgr Johan Magee, évêque de Cloyne, selon les dispositions prévues par le droit canon (can. 401 § 2).

Mgr Magee, qui n'a que 73 ans, était évêque de Cloyne depuis 1987. Il avait été le secrétaire de Paul VI, Jean Paul Ier puis Jean Paul II. Mais il a été mis en cause pour sa mauvaise gestion des cas de pédophilie dans son diocèse de Cloyne. Et au moment où l'acceptation de sa démission a été annoncée, il a demandé pardon dans un nouveau communiqué.

« Je voudrais à nouveau présenter mes sincères excuses à toute personne qui aurait été victime d'abus du fait d'un ou de prêtres du diocèse de Cloyne alors que j'en étais l'évêque », a déclaré l'évêque irlandais.

Il a notamment demandé pardon aux personnes qu'il n'a pas soutenues : « Je demande pardon à tous ceux que j'ai d'une manière ou d'une autre laissé tomber, ou que j'ai fait souffrir par quelque omission ».

Déjà, le 7 mars 2009, Mgr Magee avait lu une déclaration en la cathédrale Saint-Colman, annonçant la nomination, à sa demande, par Benoît XVI, d'un administrateur apostolique, Mgr Dermott Clifford, archevêque de Cashel et Emly. Il l'avait souhaité pour pouvoir « collaborer » avec la commission enquêtant sur la pédophilie dont se seraient rendu coupables deux prêtres du diocèse sans que l'évêque ne prennent les mesures disciplinaires prévues par l'Eglise en pareils cas.

Mgr Clifford a remercié Mgr John Magee « pour sa coopération » avec lui depuis sa nomination comme administrateur apostolique. Il a demandé aux fidèles catholiques, aux religieux et aux prêtres du diocèse de Cloyne de continuer à prier « pour ceux qui ont souffert des abus ».

C'est la première démission après la publication, samedi dernier, 20 mars, de la Lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande.

Acceptant les conclusions des deux rapports du gouvernement irlandais en la matière, le pape n'a pas caché les manquements graves des responsables religieux - évêques ou supérieurs de congrégations - : « Il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu ».

Anita S. Bourdin