Irlande : Une lettre pour aller de l’avant, estime le directeur de l’OR

Lettre de Benoît XVI concernant les scandales d’abus sexuels dans le pays

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ROME, Lundi 22 Mars 2010 (ZENIT.org) - Dans l'édito de l'édition du 20 mars de L'Osservatore Romano, son directeur Giovanni Maria Vian a souligné combien la lettre de Benoît XVI a été écrite aux catholiques d'Irlande pour « regarder vers l'avant » et non pas pour « cacher le mal accompli ».

Le directeur du quotidien du Vatican y décrit une lettre « sans précédent par son courage », écrite par Benoît XVI après sa rencontre avec les évêques irlandais au Vatican, les 15 et 16 février derniers.

« En déclarant sa préoccupation profonde, Benoît XVI affirme partager le trouble, l'effroi et la trahison éprouvés par de nombreux catholiques pour ces actes immoraux et criminels et pour la manière dont ils ont été réglés par les autorités de l'Eglise dans le pays », souligne Gian Maria Vian.

« L'amertume et la sévérité du texte du pape évoquent la lettre perdue que l'apôtre Paul rappelle avoir écrite aux Corinthiens ‘dans une grande tribulation et angoisse de cœur', non pour augmenter la tristesse de leur communauté mais pour la soutenir de son amour ».

Dans son édito, le directeur de L'Osservatore Romano affirme que le document adressé aux catholiques d'Irlande a été écrit « non pour cacher le mal accompli - devant Dieu et devant les hommes - mais surtout pour regarder vers l'avant ». Et « avant tout pour que la faute épouvantable des abus perpétrés sur les mineurs soit réparée selon la justice et selon l'Evangile ».

Pour cela, « les catholiques irlandais doivent repenser à leur grande histoire chrétienne, souvent héroïque, dont l'Eglise du pays, ces dernières dizaines d'années, n'a pas su être digne, négligeant le patrimoine de la tradition et se méprenant sur le renouvellement voulu par Vatican II ». Il cite en particulier « le droit canon » qui « n'a pas été observé ».

« Le diagnostic lucide et sévère de la lettre est parfaitement cohérent avec l'œuvre de presque 30 ans du cardinal Ratzinger, résumé dans son exclamation durant le Chemin de Croix du 25 mars 2005, peu de jours avant la mort de Jean-Paul II : ‘Que de souillures dans l'Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement !' », rappelle enfin Gian Maria Vian.

Et de rappeler les paroles de Benoît XVI aux évêques irlandais lors de leur visite ad limina à Rome, le 28 octobre 2006, lorsqu'il exhorta les évêques du pays à « établir la vérité sur ce qui est arrivé par le passé, à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l'avenir, à assurer que les principes de justice soient pleinement respectés et, surtout, à soutenir les victimes et tous ceux qui sont victimes de ces crimes monstrueux ».

Marine Soreau