Israël et Palestine : l'espoir du Saint-Siège

Intervention de Mgr Chullikatt à l'ONU

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 635 clics

Le Saint-Siège exprime son espoir après la reprise des négociations entre Israël et la Palestine. Il appelle également à mettre fin au conflit syrien et plaide pour les chrétiens du Moyen-Orient, qui « veulent contribuer au bien commun de la société à laquelle ils appartiennent pleinement ».

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à New York, est intervenu lors du débat public sur le Moyen-Orient, le 22 octobre 2013.

Un espoir pour Israël et la Palestine 

Il a exprimé « l'espoir ravivé » du Saint-Siège devant « le réengagement des Israéliens et des Palestiniens dans des négociations directes, sérieuses et concrètes ».

En effet, « la construction de la paix entre le peuple d'Israël et le peuple de Palestine constitue un vestige persistant du XXe siècle, qui s'est avéré être le plus sanglant de tous les siècles » : « dans ce drame, les deux côtés ont subi de graves crises humanitaires, que ce soit dans des guerres déclarées, dans la violence extrémiste ou dans les réponses militaires qui ont été données ».

Et malheureusement, a souligné l'archevêque, « c’est la population civile qui a été la victime des violences déclarées ou non déclarées » et la situation économique mondiale ne permettra pas « indéfiniment » de « soutenir les populations réfugiées ».

« Une solution politique est le meilleur remède aux pressions économiques parce que la paix entre les parties génère des économies stables et attire, à son tour, des fonds de développement », a-t-il ajouté.

Syrie, une situation extrêmement grave

Dans ce contexte de « moment critique pour la région », Mgr Chullikatt a élargi son propos à la situation syrienne, encourageant tous les acteurs à « poursuivre leurs efforts dans une recherche sincère de la justice et de la paix ».

Il a demandé particulièrement aux parties de « mettre immédiatement fin à la violence » et « d'entamer un véritable processus de dialogue avec la Conférence de Genève 2 prévue pour le mois prochain ».

L'archevêque a déploré « la fuite des non-combattants qui abandonnent leur foyer », les « quatre millions de déplacés à l'intérieur des frontières de la Syrie elle-même », et les « plus de deux millions de réfugiés » dans les pays voisins, qui éprouvent des difficultés à faire face à cet afflux.

« La situation est extrêmement grave et se détériore de jour en jour », a-t-il dénoncé, affirmant que « l'Église catholique reste engagée et active en première ligne, apportant une assistance humanitaire aux personnes, indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique ».

La dignité de l'homme, une feuille de route

« Une solution pour l’ensemble des peuples du Moyen-Orient, et pour chacun d’eux, doit se caractériser d'abord et surtout par le respect du caractère central et de la dignité de la personne humaine, sans distinction de race ou de religion, par le souci de chaque vie humaine et de la dignité humaine », a également souligné l'archevêque.

« La reconnaissance et le respect de la dignité inaliénable de chaque être humain est la feuille de route pour l'unité et la stabilité de chaque nation. »

Le Saint-Siège s'est inquiété également de « l'exode inquiétant des chrétiens » du Moyen-Orient : « les forces extrémistes et réactionnaires prennent pour cible les chrétiens et d'autres groupes qui subissent les conséquences de leur violence aveugle. Les chrétiens se voient contraints de fuir pour sauver leur vie et leur intégrité physique, laissant derrière eux une tradition de deux mille ans façonnée par la culture de la région ».

Dénonçant « la répétition inacceptable de ce qui s'est passé en Irak lorsque la violence sectaire a réduit la population chrétienne de 70% », Mgr Chullikatt a rappelé que « le Moyen-Orient a été, dès les origines, le berceau de la foi ancestrale des chrétiens et les chrétiens ont vécu en paix dans ces pays depuis des siècles, et même des millénaires ».

« En tant que citoyens de leurs pays respectifs au Moyen-Orient, ils veulent continuer à faire partie du paysage social, politique, culturel et religieux de la région et contribuer au bien commun de la société à laquelle ils appartiennent pleinement, en travaillant pour la paix et la réconciliation, inspirés par les valeurs qui peuvent aider la société à progresser vers un plus grand respect de la justice, des droits de l'homme et des libertés fondamentales », a-t-il insisté.

Avec Hélène Ginabat pour la traduction