Italie : Crucifix ôté des salles de classe d’une école, protestation des évêques

Une sentence qui s’oppose à la loi italienne

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CITE DU VATICAN, Dimanche 26 octobre 2003 (ZENIT.org) – Radio Vatican souligne dans son bulletin d’information en italien la « ferme prise de position de la Conférence épiscopale italienne (CEI) contre la sentence du tribunal de la ville de l’Aquila, qui a accueilli le recours du président de l’Union des Musulmans d’Italie, et imposé au président d’une école des Abbruzzes de faire enlever les crucifix de toutes les salles de classe ».



Une loi de 1920 permet cette présence du crucifix dans les écoles de la péninsule.

La CEI critique nettement la sentence du tribunal de L’Aquila qui a accueilli le recours présenté par Adel Smith, président de l’Union des Musulmans d’Italie, contre la présence du symbole sacré sur les murs de l’école maternelle et élémentaire 'Antonio Silveri' di Ofena'', fréquentée par les fils du dirigeant musulman, indique la radio de la Cité du Vatican.

La sentence, de 30 pages, émise par le juge Mario Montanaro et publiée samedi dernier, contredit une « loi de l’Etat en vigueur qu’aucun Parlement n’a jamais changée ni même la Cour constitutionnelle » a déclaré dimanche matin le secrétaire de la CEI, Mgr Giuseppe Betori, au cours de l’émission de la télévision nationale RAI UNO, « A sua immagine ».

La décision du tribunal risque de rouvrir la route aux « fondamentalismes les plus extrêmes », craint l’évêque italien.

Au cours de la messe célébrée dans l’église romaine du « Divin Maestro », retransmise à la télévision, Mgr Betori avait auparavant souligné que le crucifix n’est pas seulement un symbole religieux, mais aussi « l’image dans laquelle le peuple italien reconnaît les racines de sa civilisation ».

Pour le juge Montanaro, au contraire, rapporte Radio Vatican, « la présence du crucifix dans les salles des écoles communique une adhésion implicite aux valeurs qui ne sont pas réellement le patrimoine commun de tous les citoyens » et présuppose une « homogénéité qui, en vérité, n’a jamais existé, et surtout, ne peut sûrement pas être déclarée comme subsistant aujourd’hui ».

« La nouvelle de la sentence suscite une réaction notable également dans le monde politique italien » commente Radio Vatican.