Italie : Débat sur la place de l'islam dans l'enseignement public

Réaction du cardinal Bagnasco, président de la Conférence épiscopale

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ROME, Lundi 19 Octobre 2009 (ZENIT.org) - Suite à la proposition du vice-ministre italien Adolfo Urso d'introduire l'enseignement facultatif de l'islam dans les écoles, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), a estimé que l'introduction de cette heure de religion musulmane ne correspondait à aucune « motivation raisonnable et reconnue ».

Dans une interview accordée au Corriere della Sera, le 18 octobre 2009, il a rappelé « l'heure de religion catholique, dans les écoles d'Etat » se justifiait « sur la base de l'article 9 du Concordat, parce qu'elle fait partie intégrante de notre histoire et de notre culture ».

« Pas conséquent, la connaissance du fait religieux catholique est une condition indispensable pour la compréhension de notre culture et pour une vie en commun plus consciente et responsable », a-t-il expliqué. « Cela ne correspond donc pas à une catéchèse confessionnelle mais à une discipline culturelle dans le cadre des finalités de l'école ».

En revanche, « il ne me semble pas que l'heure de religion (musulmane, ndlr) envisagée corresponde à cette motivation raisonnable et reconnue », a ajouté le haut prélat.

Prévue par le Concordat de 1929 entre l'Eglise et l'Etat, l'heure hebdomadaire d'enseignement de la religion catholique est facultative en Italie.

Dans les modifications concordataires de 1984, il est précisé : « La République italienne, reconnaissant la valeur de la culture religieuse et tenant compte du fait que les principes du catholicisme font partie du patrimoine historique du peuple italien, continuera à assurer, dans le cadre des finalités de l'école, l'enseignement de la religion catholique dans les écoles publiques non universitaires de toutes catégories et tous degrés. Dans le respect de la liberté de conscience et de la responsabilité éducative des parents, est garanti à chacun le droit de choisir de suivre ou non cet enseignement ».

Selon des chiffres de la Conférence épiscopale italienne (CEI), durant l'année scolaire 2007-2008, 91 % des élèves inscrits dans les écoles publiques, de la maternelle au lycée, ont choisi l'enseignement de la religion catholique. Malgré tout, en 15 ans, le nombre de jeunes ayant renoncé à l'heure de religion a augmenté de 2,4 % (14,5 % au Nord de l'Italie, 9,7 % dans le Centre et 1,7 % dans le Sud).

Marine Soreau