Italie : l'artisanat pour aider des jeunes à se reconstruire

L'expérience dune communauté franciscaine à Rome

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Gaia Bottino

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mardi 18 décembre 2012 (ZENIT.org) –  « Chacun de nous possède en lui des capacités qui attendent seulement d’être découvertes. L’important est d’avoir quelqu’un qui le guide, qui lui montre comment les utiliser », souligne Rosana Giordano, responsable du laboratoire artisanal et experte en restauration, à l’intérieur de la fraternité franciscaine Ripa dei Sette Soli, à Rome.

La fraternité franciscaine Ripa dei Sette Soli accueille des personnes qui ont des difficultés économiques et sociales, pour les aider à  se reconstruire et à se réinsérer dans la société. 

Parmi les nombreuses activités entreprises par la fraternité, il y a celle  du laboratoire dirigé par Rosana Giordano qui entend former ces personnes à l’artisanat et dont les fruits permettent de subvenir aux besoins de la maison d’accueil.

Le travail artisanal est une activité qui permet de redonner vie à des matières brutes destinées à être jetés ou oubliées au fond d’un grenier poussiéreux. Un petit tesson de marbre, par exemple, s’il est assemblé avec soin et imagination, peut devenir le morceau manquant et irremplaçable d’une superbe mosaïque. Dans chaque objet créé artisanalement, on peut saisir ce caractère unique qui le rend si précieux à nos yeux. 

Ainsi,  si cet atelier  artisanal peut être source de débouchés professionnels pour ses hôtes, il peut être aussi le révélateur de talents enfouis, voire même jamais connus par la personne même.

L’homme, explique Rosana Giordano dans un entretien à ZENIT, est comme un tesson de marbre : il croit ne pas valoir assez. C’est la vie qui lui révèle la surprise merveilleuse de son destin, comme l’artisanat montre au tesson qu’il est unique et irremplaçable.

Rosana Giordano a été formée à l’Ecole de restauration de Florence. Elle est spécialisée en restauration de fresques et mosaïques et enseigne la technique de la mosaïque aux jeunes de la fraternité.

 « Avec mon aide, ils ont réalisé des mosaïques qui reproduisent les symboles que l’on trouve à l’intérieur des catacombes chrétiennes : le poisson du Christ, l’ancre, l’image de l’espérance ; la colombe, représentation de l’âme du croyant et le monogramme du Christ, formé de deux lettres de l’alphabet grec, le X et le P croisés ensemble », souligne-t-elle, précisant ensuite que ces mosaïques seront vendues à la boutique de souvenirs des catacombes de Saint-Sébastien pour couvrir les frais de la fraternité ».

Actuellement les jeunes pensionnaires apprennent l’art de la dorure: « Nous réaliserons des objets auxquels seront appliqués des feuilles d’or en utilisant d’anciennes méthodes, raconte la restauratrice, expliquant qu’à cette occasion-là, un jeune garçon, Giorgio, particulièrement créatif, s’est spécialisé dans la création de crèches. Des travaux qui ont été vendus pour soutenir les frais de la communauté lors d’une soirée de bienfaisance, le 9 décembre dernier, à l’église Saint-Sébastien , au Palatin ».

Parmi les projets futurs, le laboratoire a en vue d’apprendre à ces jeunes la restauration de meubles et d’avoir un stand au marché de Porta Portese (marché aux puces) pour les mettre ensuite en vente.

« Ce projet de laboratoire s’est révélé une injection d’estime de soi pour ces jeunes, souligne encore Rosana Giordano, peut-être parce qu’ils avaient besoin de ce juste coup de pouce pour commencer à croire en eux-mêmes et commencer à se mettre en jeu dans une activité qui demande de la précision et de l’organisation pour la réalisation de ce travail. Des qualités que ces jeunes pourront utiliser aussi dans la vie ».