Italie : « L'homme, gardien de la création »

Congrès cuménique international de spiritualité orthodoxe

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Océane Le Gall

ROME, mardi 4 septembre 2012 (ZENIT.org) – Approfondir la dimension théologique et spirituelle du rapport de l’homme à l’environnement qui l’entoure, en s’interrogeant sur les valeurs qui peuvent inspirer des choix responsables face à la crise écologique : c’est l’objectif que se donne le XXe congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe qui se tient au monastère catholique de Bose, en Italie, du 5 au 8 septembre, sur le thème : « L’homme gardien de la création ».

Il rassemble des métropolites et des évêques des Églises orthodoxes et de l’Église catholique, des représentants de l’Église d’Angleterre et de la Réforme, du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que des théologiens, des patrologues et des chercheurs du monde entier

« Dans la tradition chrétienne d’Orient et d’Occident, habiter la terre est une tâche est un don confiés aux hommes, gardiens mais en même temps hôtes de la création », explique la communauté de Bose.

L’ouverture des travaux est confiée au prieur de Bose, Enzo Bianchi,  et au métropolite de Pergame Jean Zizioulas, un des théologiens contemporains majeurs. Celui-ci représente le patriarche œcuménique Bartholomaios Ier, lequel s’est beaucoup investi pour rappeler les fondements spirituels et chrétiens de l’engagement écologique.

Le congrès est ouvert à tous. Toutes les interventions seront traduites simultanément en italien, grec, russe, français et anglais.

Côté catholique, y sont attendus notamment Mgr Andrea Palmieri du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens,  le cardinal Roger Etchegaray, vice-doyen du Collège des cardinaux, Mgr Antonio Mennini, nonce apostolique en Grande-Bretagne, l’évêque de Pistoia Mansueto Bianchi, président de la commission pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux des évêques italiens et Mgr Biella Gabriele Mana, ordinaire du lieu.

 L’enseignement de l’Église orthodoxe sur les problèmes de l’écologie sera présenté par l’évêque Ambroise de Gatcina, recteur de l’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg et membre de la délégation officielle du Patriarcat de Moscou, conduite par le métropolite Germain de Volgograd.

La bonté de la création selon le récit biblique (Gn 1,31), la relation entre la nature blessée et guérie et l’histoire du salut (Rm 8,22), la compréhension du rapport de l’homme avec la création chez les Pères de l’Église - d’Irénée de Lyon à Maxime le Confesseur et jusqu’aux Pères syriaques -, seront au centre des réflexions proposées par John Behr (New York), Nestor Kavvadas (Tübingen), Assaad Elias Kattan (Münster).

Une table ronde sera également présidée par l’évêque Andrei de Remesiana, délégué du Saint Synode de l’Église orthodoxe serbe. Elle cherchera à saisir les diverses perspectives offertes par la tradition monastique dans son rapport à l’environnement : de la contemplation de la nature dans la littérature mystique et la tradition ascétique byzantine à la transformation de l’espace naturel dans les implantations monastiques de l’extrême nord russe ou dans les abbayes cisterciennes en Occident.

« L’ascèse et la pauvreté qui caractérisent la tradition monastique sont une occasion de réfléchir au respect de la terre et au partage de ses fruits dans la société de consommation », précisent les organisateurs.

Le théologien orthodoxe américain John Chryssavgis et l’abbé bénédictin de Chevetogne (Belgique) Michel Van Parys, membre du comité scientifique du colloque, interviendront le 8 septembre.

Cette dernière journée du colloque sera l’occasion de se poser la question de savoir « comment la richesse de la tradition spirituelle orthodoxe peut se traduire, également face à l’urgence du problème écologique, en une nouvelle pratique du rapport au monde naturel, capable de relever le défi de la complexité engendrée par la révolution industrielle et technologique contemporaine ».