Italie: la personne au coeur de l'emploi

Débat sur Caritas in Veritate

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Traduction d’Océane Le Gall

ROME, jeudi 26 juillet 2012 (ZENIT.org) – « La prophétie du travail: l’emploi et le développement dans la pensée de Benoit XVI » : c’était le titre de la rencontre organisée mardi 24 juillet à l'Augustinianum de Rome, par Eventi Elea, avec les interventions du ministre italien du travail et des politiques sociales, Elsa Fornero, et de l’archevêque de Cagliari, en Sardaigne, Mgr Arrigo Miglio, l’organisateur des Semaines sociales des catholiques italiens.

Pour l’évêque de Cagliari, le seul fait d’avoir organiser une rencontre sur une question délicate comme celle de l’emploi, et de l’avoir insérée dans un discours général de fond , en présence d’un ministre et autres participants liés au monde du travail, représente un signe culturel et social important.

Mgr Miglio, a souligné à Zenit la convergence de vues apparue lors des discussions, ce qui révéle la volonté de tous de chercher, de travailler et discuter ensemble, en toute franchise.

Sur les difficultés à conjuguer ensemble les principes de l’encyclique de Benoît XVI Caritas in Veritate et une politique économique concrète,  l’évêque italien pense que le principe fondamental  à défendre est « le caractère central de la personne humaine », comme l’a souligné le ministre italien du travail.

Dans sa présentation, Mgr Miglio a eu une pensée pour les jeunes, rappelant que la société civile, comme pour toute personne se trouvant en situation de difficulté et en demande de solidarité,  doit « se serrer autour d’eux » .

Il a été rejoint dans ses propos, par la ministre Elsa Fornero, qui a effectivement reconnu que la situation de l’emploi, dans un monde en crise,  n’est plus une situation stable, « immobile » comme autrefois, et que  toute la communauté, selon les compétences de chacun, est appelée « à prendre en charge leurs problèmes ».

« Faire carrière dans une même entreprise n’est plus possible », a-t-elle affirmé expliquant alors  la nécessité d’entrer dans une « nouvelle culture du travail » qui mette au centre  la personne, son professionnalisme, et non plus un poste fixe spécifique et unique qui,  « hélas, est devenu une marchandise très rare ».

La conception du travail de Benoît XI, a relevé Elsa Fornero, est de faire passer l’activité humaine avant l’activité professionnelle. Donc, a-t-elle ajouté, « il faut mettre au centre du marché du travail non plus le poste de travail, mais la personne, son capital humain et son savoir ».

« C’est la possibilité d’emploi qui doit être mise en valeur, a-t-elle dit, et non cet attachement, parfois exaspéré, entre le travailleur et sa place de travail ». Car il existe un vrai marché du travail; et il doit être « dynamique et inclusif, qui ne laisse pas de côté les femmes et les jeunes ».

Le ministre a expliqué que le caractère dynamique du travail est la possibilité de commencer  à travailler dès qu’on a fini ses études, et non pas après des mois ou des années comme cela arrive aujourd’hui. Mais aussi la nécessité de réhabiliter des métiers que les jeunes d’aujourd’hui trouvent dégradants.