Italie : « Les étrangers ne doivent être ni harcelés ni opprimés »

Deux Sénégalais tués à Florence

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ROME, vendredi 16 décembre 2011 (ZENIT.org) – « Les étrangers ne doivent être ni harcelés ni opprimés », déclare le cardinal Ravasi, après le meurtre de deux Sénégalais à Florence, le 14 décembre. L’archevêque de Florence, Mgr Betori, dit sa proximité avec les familles des victimes et avec la communauté sénégalaise de la ville.

« Un militant d’extrême droite a abattu ce mardi deux vendeurs ambulants sénégalais sur des marchés de la ville italienne. Un acte qui a provoqué l’émotion et la consternation dans la péninsule », déplore Radio Vatican qui précise les circonstances de cette tragédie : « L’auteur du double-meurtre, qui s’est suicidé, était membre de « Casa Pound », une organisation d'extrême droite italienne. Il était connu pour avoir publié des ouvrages antisémites. »

Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture a réagi en prenant la défense des immigrés sur le réseau social Twitter, continue Radio Vatican qui cite : « Quand un étranger réside sur notre territoire, il ne doit être ni harcelé, ni opprimé ».

Le cardinal Ravasi, bibliste, a cité les versets de l’Ecriture sur ce thème avant d’ajouter : « La voix de la confrontation et du duel est trop facile ».

Le cardinal italien appelle, souligne encore la même source, « à dépasser les logiques manichéennes et binaires et aller au-delà de la logique de la peur ».

L’archevêque de Florence, Mgr Giuseppe Betori a déclaré, toujours au micro de Radio Vatican : « Avant tout, nous sommes proches de qui souffre : c’est ce que Jésus nous enseigne, et nous devons le faire en toute occasion, y compris celle-ci. En tant que communauté catholique de Florence, nous devons nous sentir proches des victimes, et les confier à al miséricorde du Seigneur ; être proches de leurs familles qui sont dans le souffrance et de toute la communauté sénégalaise de Florence qui est profondément blessée par cette tragédie immense qui traverse leur existence, une existence d’ailleurs toujours pacifique dans notre ville et donc bien accueillie au milieu de nous ».

Il rappelle que « dans la conscience historique de Florence les principes d’accueil et de dialogue font partie du patrimoine le plus évident de cetet ville, et ils ne peivent donc être obscurcis par cette folie qui a envahi les quartiers de la ville. Mais surtout, ce moment doit être celui du nettoyage des esprits et des cœurs de nos concitoyens afin que tous puissent se sentir frères. Je crois que le principe que chaque vie doit être protégée et respectée dans sa dignité et que tous les hommes sont frères vous appartiennent en tant que croyants mais aussi en tant que Florentins, et nous ne pouvons en aucune façon y renoncer ».

Pour sa part, le gouvernement du Sénégal s'est déclaré indigné « par un meurtre odieux », souligne Radio Vatican.


ASB