Italie : moins d'immigrés mais plus d'attention à leur égard

Journée mondiale du migrant et du réfugié, dimanche 13 janvier

Rome, (Zenit.org) Luca Marcolivio | 1403 clics

Le phénomène migratoire est en train de changer, comme par exemple en Italie où l’afflux des migrants connaît un net fléchissement à cause de la crise économique qui rend ce pays beaucoup moins attirant. Par contre, le nombre des prêtres étrangers, venant pour l’essentiel de pays non européens, est en augmentation et la perception des immigrés par les Italiens est de plus en plus positive.

Ces aspects sont quelques uns des aspects soulignés  par la Fondation « Migrantes », mercredi matin 9 janvier, lors d’une conférence de presse à Radio Vatican, à l’occasion de la prochaine Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, le 13 janvier prochain.

Le débat était modéré par Mgr Domenico Pompili, porte-parole de la conférence épiscopale italienne, qui a rappelé les principes de base de l’Eglise concernant le « droit à l’émigration » et le droit particulier à « vivre dans sa patrie ».

L’attention que l’Eglise accorde à ce sujet, a-t-il ajouté, est à la fois « spirituelle, culturelle et fondée sur l’assistance ».

Le président de la fondation Migrantes, Mgr Paolo Schiavon, a citè le vieil adage latin « Homo viator, spe erectus », qui renvoie à la nature pèlerine de l’être humain, déjà à partir des Saintes Ecritures: Adam expulsé de l’Eden; Abraham, pèlerin volontaire par obéissance ; Moïse qui transforme le peuple d’Israël en pèlerins traversant le désert du Sinaï.

Dieu lui-même s’est fait pèlerin, a-t-il ajouté en expliquant : « En suivant son peuple, et en Jésus, il accompagne ce peuple le long de son parcours qui va au-delà de la dimension inexorable du divin, renouvelant continuellement la conscience qu’aucun lieu de cette terre ne pourra devenir un jour une destination définitive ».

Les difficultés auxquelles l’émigration est inévitablement soumise, renvoie à la seconde partie de la devise relative à l’homme soutenu par l’espérance. C’est toujours Jésus, a souligné Mgr Schiavon, qui « nous permet de traverser les difficultés sans céder au découragement, comme ce fut le cas pour les disciples d’Emmaüs ».

Se référant au message du pape Benoît XVI pour la 99èmeJournée mondiale du Migrant et du Réfugié, le président de Migrantes a mis l’accent sur l’intérêt ancien que l’Eglise accorde à cette réalité de l’immigration, « en collaboration avec toutes les personnes de bonne volonté », consciente par ailleurs du potentiel et des ressources énormes dont sont porteuses les migrations.

Les immigrés, en plus d’être une ressource économique pour leur pays, grâce à l’argent que ces derniers envoient à leurs pays, sont aussi, selon lui, « d’excellents ambassadeurs de valeurs comme la liberté et la démocratie » et leurs déplacements « de bons vecteurs de dialogue et d’annonce du message chrétien ».

Concernant leurs droits dans les pays d’accueil, le directeur général de la fondation Migrantes, Mgr Giancarlo Perego, s’est arrêté sur l’enseignement du Concile Vatican II en matière de migration, rappelant le droit de l’immigré à ne pas être discriminé et à jouir d’une juste protection sur son lieu de travail, comme le souligne en particulier l’encyclique Gaudium et spes.

Autre aspect touché par Mgr Perego : l’acquisition de la citoyenneté italienne, pour laquelle il souhaite une restriction des temps bureaucratiques de 10 à 5 ans et l’extension du critère ius soli, au lieu de l’actuel  ius sanguinis qui « comporte de fait l’exclusion et la différentiation sociale de quelque 650.000 enfants mineurs nés en Italie de parents immigrés ».

La réforme d la loi sur la citoyenneté, a expliqué le directeur général de la fondation pour les migrants, est une nécessité pour coller aux standards européens et répondre aux principes de la convention de New York sur les droits de l’enfant (1989), ratifiée par l’Italie en 1991.

Mais l’approbation d’une telle réforme ne sera pas simple, a prévenu Mgr Perego, car le parlement a sur sa table « 23 propositions différentes qui n’ont pas encore d’unité sur le plan politique ».

A la fin de la conférence, est intervenu le ministre italien de la santé Renato Balduzzi, qui a fait part de la gratitude du gouvernement « pour l’attention que l’Eglise italienne accorde au phénomène de l’immigration ».

C’est dans cet esprit, a rappelé le ministre, que peu avant Noël, a été signé l’accord Etat-Régions que le service nationale de santé met à la disposition des immigrés.

Traduction d’Océane Le Gall