Italie : "Que le loup n'entre pas dans la bergerie"

Intervention du fondateur de l'association "Meter"

Rome, (Zenit.org) Don Fortunato di Noto | 408 clics

Don Fortunato di Noto, fondateur de l’Association italienne "Meter", au service de la protection des enfants, publie une réflexion après la rencontre du pape François avec six victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé, le 7 juillet 2014.

« Des moments mémorables qui confirment qu’une révolution a commencé, peut-être la plus efficace et la plus forte de toute l’histoire de l’Eglise. Cette fois-ci, non pas pour des richesses mal gérées – pas pour sœur pauvreté –  ni pour une réforme liturgique (encore à vivre), ni même probablement la famille (nous le découvrirons dans les prochains rendez-vous).

La pédophilie dans l’Eglise a été et restera le plus intime et le plus dévastateur des scandales. Nous ne parlons pas ici de pouvoir clérical ou économique. La pédophilie, sous toutes ses formes, est l’écroulement de l’espérance que Jésus Christ a remise à Marie, Sa Mère, « Femme, voici ton fils. Fils voici ta Mère ».

C’est une révolution qui n’est pas faite seulement de décrets et procès, condamnations et réduction à l’état laïc. Celui qui commet ces actes ne peut être prêtre, ne peut se définir humain mais inhumain. Et la Mère doit écraser l’inhumain, et le Fils doit toujours étendre les bras et les pieds sur le bois de la croix. Dès son enfance : il est impressionnant de voir qu’au cours des siècles, l’Enfant Jésus, dès tout petit, a été représenté étendu sur le lit de la croix. L’Enfant Crucifié. Indiquant ainsi – comme le fait celui qui a eu la mystique intuition – que la personne humaine doit être aimée dès son apparition dans le ventre de sa mère. Dès tout petit jusqu’à la fin de sa vie.

Nous devons passer de l’émotion, de la conscience, du pardon, à l’action de la prévention, de l’information, de l’éducation. En réaffirmant que les pédophiles doivent être excommuniés, ne peuvent accéder aux sacrements, ne peuvent recevoir l’eucharistie, ne peuvent se confesser, ne peuvent recevoir le pardon si ce n’est après un long chemin de pénitence et de réconciliation.

Envers les stupratores puerorum (les violeurs d’enfants) l’Eglise a toujours eu une position claire, qui s’est ensuite brouillée au cours des siècles, jusqu’à nos jours, à cause des « péchés par omission commis par des chefs d’Eglise qui n’ont pas répondu de manière adéquate aux plaintes déposées par des familles et ceux qui ont été victimes d’abus », comme a dit le pape François au cours de la messe avec les victimes d’abus. Ceci, a reconnu le pape, « a provoqué de nouvelles souffrances chez ceux qui ont été abusés et a mis en danger d’autres mineurs qui se trouvaient en situation de risque ».

Grande, énorme, est la responsabilité à laquelle nous faisons toujours appel par amour pour ces victimes. Le triste et terrible phénomène ne paraît pas diminuer. C’est un « marché féroce, une horreur sans fin ». Mais on peut agir, les moyens existent, les sensibilités et les intelligences – sensibilisées et formées – se font de plus en plus entendre. Nous sommes présents depuis plus de 20 ans. »

Meter, créée en 1989, collabore avec les diocèses, avec la police, et avec les institutions, notamment au niveau des Parlements. L’association publie chaque année le Rapport Meter qui contient les chiffres de la lutte contre la pédophilie, la pédopornographie en ligne et les abus commis sur des enfants.

Traduction d’Océane Le Gall