Italie : Une équipe de télévision raconte la vie d’un monastère de clôture

« Les solitaires de Dieu, éloignés de tout, unis à tous »

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ROME, Dimanche 18 décembre 2005 (ZENIT.org) – Dans la Chartreuse de Serra San Bruno en Calabre (Italie), une équipe de télévision a pu vivre pendant dix jours avec des moines de clôture. Aujourd’hui, l’histoire de cette expérience fait l’objet d’un livre et est enregistrée sur un DVD, sous le titre « Les solitaires de Dieu, éloignés de tout, unis à tous » (Rubbettino – RAI Eri, 76 pages et DVD : 12 euros).



Enzo Romeo, rédacteur en chef du service étranger et vaticaniste du journal télévisé italien TG 2 est l’auteur de l’enquête et de l’ouvrage.

Mauro Mazza, Directeur du TG 2, a décrit la vie des moines comme « un silence plein, opposé au bruit. La prière opposée à la vie en société. La sérénité qui transparaît du récit des moines, opposée aux crises et aux dépressions propres à la société moderne ».

« L’on en vient à se demander – poursuit le directeur du TG 2 – où est la folie ; si elle se trouve à l’intérieur de la chartreuse ou à l’extérieur. L’on peut se demander où est la vraie vie, la vie sereine ; si la vie des moines n’est pas un avant-goût d’éternité ? »

Et aussi « la question qui se pose à la fin : la vie d’un moine est-elle une vie gaspillée inutilement ? ». « La conclusion que l’on tire en réalité, a affirmé Mauro Mazza, est que ce ne sont pas les moines qui gaspillent leur vie, car si l’on fait un choix d’amour, cela ne peut pas être un choix de vie gaspillée ».

Pour le cardinal Jorge Maria Mejia, archiviste et bibliothécaire émérite de la Sainte Eglise romaine, « ce livre est une véritable et fidèle introduction à ce qu’est en réalité une Chartreuse : un style de vie, et pas seulement une bâtisse, une vie peu connue dans ce monde, et pour cette raison, importante à découvrir et à apprécier ».

Mgr Méjia espèrent que les membres de l’équipe de télévision présents sur place auront été marqués par la vie des moines. Il estime important que l’on comprenne pourquoi il s’agit de « la vraie dimension de la vie ». « Les instruments que les moines cherchent sont ceux qui aident à chercher Dieu et à être proche de lui ».

Mais comment une équipe de télévision a-t-elle pu entrer dans la Chartreuse ? Comment a-t-on pu établir une relation entre le monde du silence et le monde bruyant des communications ?

Le Prieur de la Chartreuse de Serra San Bruno, Dom Jacques Dupont, a expliqué que le choix a été « difficile ». « Nous avons discuté et nous avons opté pour cette solution pour des raisons concrètes », a-t-il affirmé.

« Après que Mgr Milingo soit passé chez nous, nous avons été assaillis par les médias. Certains ont écrit que le pape l’avait envoyé chez nous pour corriger ses erreurs, dépeignant la Chartreuse comme un lieu pour pécheurs en quête de repentance » a-t-il ajouté.

Ces articles, a expliqué Dom Jacques, nous ont confirmé que « beaucoup ne savent pas ce qu’est la vie de la Chartreuse et c’est pour cela que nous avons autorisé l’équipe de télévision à vivre avec nous, et comme nous ».

Enzo Romeo, l’auteur du livre, a démenti les légendes, qui s’étendent sur plusieurs dizaines d’années et qui pèsent sur la Chartreuse de Serra San Bruno, révélant que les frères chartreux « ne sont pas des personnes qui fuient le monde ».

« Il s’agit de personnes – a-t-il expliqué – qui viennent de tous les continents, issues de professions libérales, des artisans, des footballeurs, qui à un moment donné ont senti qu’ils devaient consacrer toute leur vie à la recherche de la vérité, à la recherche de ce que saint Bruno appelait «l’unique nécessaire», c’est-à-dire Dieu ».

Le rédacteur en chef du service étranger du TG 2, a quant à lui déclaré : « Cette expérience a laissé en moi une marque au niveau humain et professionnel ; nous nous sommes rendus là-bas par défi, nous n’étions même pas sûrs de pouvoir en tirer un reportage pour le journal télévisé ; nous sommes entrés là-bas sans aucune prétention et nous avons découvert en revanche qu’il y avait tant à raconter ».

« Nous, journalistes – poursuit Romeo – avons la possibilité de faire le tour du monde, de raconter des expériences des lieux les plus lointains. Mais raconter les profondeurs de l’homme, voilà une expérience que nous n’avons peut-être pas eue et là, à la Chartreuse, la possibilité de raconter la profondeur de l’homme nous a été donnée. C’est peut-être la chose la plus forte et la plus grande que nous avons reçue ».

A la question sur la raison pour laquelle au cours du troisième millénaire un homme choisit de vivre une vie de clôture, le Prieur de la Chartreuse a répondu qu’il « serait plus facile de dire qu’il s’agit d’un désir de se retirer. En réalité, tout s’explique si nous comprenons que la vie de clôture est seulement un moyen qui nous aide à effectuer un chemin intérieur. Nous sommes un signe et un stimulant pour chercher et trouver le véritable sens de la vie ».