IVe dimanche de Pâques: nos premiers pas comme des ressuscités

Lectures du dimanche 21 avril 2013

Rome, (Zenit.org) Congrégation pour le clergé | 1037 clics

IVe Dimanche de Pâques – Année C

Citations:

Ac 13,14.43-52:                      www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9cebbwm.htm

Ap 7,9.14b-17:                       www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9an4s3g.htm

Io 10,27-30:                                    www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9bcbkhj.htm

Le temps de Pâques nous aide à faire nos premiers pas comme ’’des ressuscités’’ : ’’Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu’’, nous dit l’Apôtre Paul (Col 3,1-4) ; ’’Mes  frères, ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle puisque vous êtes des azymes, car le Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec le vieux levain ni avec un levain de malice et de perversité, mais avec les azymes de la pureté et de la vérité’’. (1Cor. 5, 6-8). ’’S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi’’ (Jn 16, 20). ’’Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadducéens !’’ (Mt 16, 6.12). Pour les premiers chrétiens tout cela n’avait pas été facile non plus, ni évident, bien qu’on ait dit qu’ils mettaient toute chose en commun et qu’ils n’étaient qu’un cœur et qu’une âme. (Act. 4, 32).

Aujourd’hui la première lecture  nous parle des succès apostoliques de Paul et de Barnabé à Antioche de Pisidie qui, cependant, se heurtent vite à l’envie des Juifs qui refusent la Parole de Dieu et, qui, par conséquent, s’excluent du salut et provoquent une persécution contre la foi avec l’aide de femmes pieuses de haut rang.  Paul et Barnabé ne se laissent pas intimider et annoncent le noyau central de l’Evangile : Jésus est ressuscité, la promesse s’accomplit pour tous les peuples.

Les disciples étaient pleins de joie et de Saint Esprit. Ils éprouvent une grande joie au milieu des adversités. Il semble que pour l’auteur des Actes des Apôtres il y ait un lien étroit entre la joie et le Saint Esprit. La joie est une caractéristique du Royaume de Dieu. Le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie dans le Saint Esprit (Rom 14, 17-19). La joie chrétienne, ainsi que la paix, qui est un don du Christ, (Jn 14, 27-31a) ne s’obtient pas artificieusement car elle dérive de la persuasion intime que l’on accomplit la volonté de Dieu et que dans les mortifications l’on participe à la mort du Christ, comme aussi à sa victoire pascale. La joie constitue un élément essentiel du témoignage chrétien.

L’hostilité que les disciples rencontrent conduira à la douloureuse conséquence de la séparation entre la Synagogue et l’Eglise. Suivre le Christ exige également des choix. Le Christ est  lumière qui éclaire les peuples et gloire d’Israël et ainsi les pensées de nombreux cœurs seront révélés (Lc 2, 32). Le Seigneur n’a-t-il pas dit à ses Apôtres : ’’Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné’’ (Mc 16, 16) ? Toutefois, ceux qui ne croient pas sont souvent les plus proches :’’Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu (Jn 11, 11)’’.

La seconde lecture nous parle également de la multitude des peuples appelés à la foi. Les sept sceaux nous rappellent les sept jours de la création. Au sixième jour, celui de la création de l’homme, correspond le sixième sceau : le salut de l’humanité. Tout d’abord le mal est détruit (Ap 6,12-17), puis apparaissent les 144.000 d’Israël marqués par le Tau (la Croix) et enfin une multitude de toute provenance, race, peuple et langue, ainsi que nous le contemplons dans la Liturgie de la Fête de la Toussaint. Ces derniers portent les palmes du martyre parce qu’ils sont passés par la grande tribulation de la persécution, mais aussi de la passion du Christ avec qui ils ont été unis par le Baptême, et effectivement ils sont vêtus de blanc.

Ce Dimanche est également celui du Bon Pasteur. En effet la brève péricope évangélique nous parle de lui. C’était en  hiver et on célébrait la Fête de la Dédicace.  Jésus se promenait dans le Temple tandis qu’un groupe de juifs lui demandait de leur révéler s’il était vraiment le messie. Déjà auparavant des personnes simples et de bonne volonté, la samaritaine, l’aveugle-né, avaient eu l’intuition de la véritable identité de Jésus. Mais à présent les interlocuteurs sont plus embarrassés et mal disposés. Ainsi, le passage de l’Evangile fait suite à une requête des Juifs : ’’Si tu es le Christ dis-le-nous franchement’’ (Jn 10, 24). Jésus devrait être démasqué. Et on cherche à lui arracher une affirmation sans équivoque. Il ne s’y soustrait pas, mais sa réponse se situe sur deux niveaux distincts : 1) celui de la disposition intérieure nécessaire afin de pouvoir connaître la Vérité ; 2) sur le plan de l’Ecriture qu’on ne peut contester. Mais pourquoi les Juifs refusent-ils d’accueillir Jésus ? Jésus les invite à prendre en considération ses œuvres. Cependant ils refusent parce qu’ils sont en désaccord avec son message. Le dessein divin du salut ne coïncide pas avec leur façon d’évaluer les choses.  Pour l’acte de foi et pour sa qualité  il faut accepter la préparation de la grâce.

Personne ne les ravira de ma main (Jn 10, 28). Le Seigneur déploie toute sa force pour défendre son troupeau, mais alors, pourquoi cette présence du mysterium iniquitatis même parmi les fidèles, et pourquoi toutes ces apostasies ? Nous pouvons non seulement refuser le Christ, mais nous pouvons également le renier après avoir adhéré à Lui. Dieu respecte notre liberté comme le père du fils prodigue. Si nous sommes infidèles, Lui, en revanche, demeure fidèle (2Tim 2,13).