Japon : La Caritas lance un nouveau programme d’urgence

Interview à L’Osservatore Romano du président de Caritas Japon et Caritas Asie

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ROME, Jeudi 23 juin 2011 (ZENIT.org) –Un peu plus de trois mois après le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le Japon, la Caritas du pays a lancé un nouveau programme d’urgence pour continuer à fournir de la nourriture aux survivants et de l’aide aux victimes qui recherchent un nouveau travail, explique L’Osservatore Romano qui publie une interview du président de Caritas Japon et Caritas Asie, Mgr Tarcisius Isao Kikuchi.

« Des milliers de personnes ont perdu leur travail et ont été privées de toute forme de soutien. Beaucoup d’entre elles se demandent : ‘pourquoi tout cela est-il arrivé ?’ », explique Mgr Tarcisius Isao Kikuchi. « Nous faisons tout pour rester aux côtés des survivants, même si nous nous rendons compte que dans leur cœur, il y a pour l’instant beaucoup de désespoir et de désarroi et peu de place pour les choses spirituelles ».

Revenant sur les premiers moments qui ont suivi le terrible tremblement de terre qui a dévasté le nord-est du Japon le 11 mars dernier, le prélat a rappelé que « l’Eglise catholique au Japon a été aux côtés de son peuple dès les premiers instants ».

Les évêques ont alors décidé « d’accomplir de gros efforts » pour soutenir les diocèses les plus touchés : ceux de Saitama et de Sendai, qui s’étend sur plus de 300 kilomètres de côtes du nord au sud.

« Grâce aux dons, le diocèse de Sendai peut disposer des fonds nécessaires pour la reconstruction des églises et des structures paroissiales ». Quant au diocèse de Saitama, il « utilise les fonds récoltés pour le soutien aux victimes ».

« Caritas Japon cherche à répondre aux urgences du pays, comblant aussi certaines lacunes des programmes de secours gouvernementaux et complétant les services de l’Etat », a encore expliqué l’évêque japonais. « Nous concentrons toutes nos activités sur le soutien socio-psychologique qui est particulièrement urgent en ce moment ».

Le travail des volontaires se poursuit lui aussi. Il est « très varié et change en fonction des lieux et des différentes exigences ». Cela va du retrait des décombresàla gestion de la distribution d’eau et de nourriture, au service de soutien socio-psychologique aux victimes.

« Un nouveau programme d’assistance vise à aider 19 000 personnes d’ici septembre prochain avec une dépense d’environ 3,7 millions de dollars. Le programme fournira des couvertures et des produits sanitaires, offrira une aide psychologique et spirituelle aux communautés frappées par le tremblement de terre et soutiendra toutes les personnes dont les entreprises et les emplois ont été sérieusement endommagés », explique l’évêque.

Il faudra 3 à 5 ans pour revenir à une vie normale

Dans cette interview, Mgr Tarcisius Isao Kikuchi a aussi souhaité remercier « sincèrement » tous « nos amis du monde entier qui ont soutenu le Japon et les japonais par des prières, des messages de solidarité et des dons ». « Le nombre impressionnant d’emails reçus à notre bureau de Tokyo nous a rappelé que nous ne vivons pas dans la solitude mais dans la solidarité », a-t-il salué.

« Les membres de Caritas ont fait de généreux dons à travers Caritas Internationalis, même venant de pays en voie de développement. Ces messages et ces prières nous réconfortent vraiment beaucoup et nous rappellent que la solidarité authentique existe ».

Aujourd’hui, il faut aller de l’avant, affirme-t-il. « Pour revenir à la normalité, il faudrait à mon avis 3 à 5 ans. Il est très probable que la plus grande partie des personnes, des multinationales et des industries les plus importantes du pays reviendront à une vie normale dès la fin de cette année. Ce pourrait être un bon signal pour tous ».

Toutefois, a-t-il conclu, « les victimes du désastre pourraient avoir besoin de plus de temps que prévu. Les habitants de Fukushima, par exemple, auront besoin de beaucoup plus de temps, 10 ans ou peut-être plus pour retrouver une vie normale, peut-être en retournant dans leurs lieux d’origine, mais il sera certainement difficile d’oublier ».

Marine Soreau