Japon : Quand la technologie et le progrès étouffent Dieu et l’homme

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ROME, Mercredi 20 décembre 2006 (ZENIT.org) – Le taux de suicide élevé, au Japon, pourrait être la conséquence d’un manque d’attention à l’éducation des enfants, de la part des familles, ou à l’inadéquation des écoles. C’est ce qu’affirme Mgr Giuseppe Pittau, missionnaire au Japon depuis quarante ans.



Mgr Pittau, ancien recteur de l’Université Sofia de la Compagnie de Jésus à Tokyo, se bat en première ligne contre cette plaie sociale qui, selon les plus récents sondages, fait environ 30.000 victimes par an, dont beaucoup de jeunes.

« Je cherche à expliquer aux Japonais qu’il n’est pas suffisant de donner sa vie au travail, à son entreprise, a déclaré Mgr Pittau à Zenit. Généralement, un père de famille sort de chez lui à l’aube, et rentre tard le soir. Il n’a pas de temps à dédier à ses enfants. La mère, qui travaille aussi, n’a pas non plus de temps à consacrer aux enfants ».

« Le suicide parmi les enfants – affirme-t-il – concerne surtout les jeunes du collège et du lycée, ou la présence du machisme et du harcèlement est très forte ».

« Les parents n’ont pas le temps d’éduquer leurs enfants, explique le missionnaire, et les écoles, afin de démontrer quelles sont de bonnes écoles, misent tout sur la professionnalité, négligeant les aspects personnels des étudiants, si importants aussi pour l’éducation morale ».

« Il ne reste à la fin – souligne non sans amertume Mgr Pittau – que la frénésie de passer ses examens avec succès ».

A propos de la contribution particulière de l’Université Sofia des pères jésuites, Mgr Pittau explique que « pour pouvoir entrer dans une bonne entreprise, pour obtenir un bon emploi, il faut intégrer l’une des meilleures compagnies du Japon, et donc une bonne préparation universitaire est indispensable ».

« Mais dans le même temps – rappelle-t-il – s’ils ne deviennent pas des hommes avec des idéaux de paix, de collaboration, en mesure de comprendre les autres personnes et en les traitant bien, l’on ne peut pas parler de véritable éducation. Ici, dans cette université, nous ne forçons personne à devenir catholique ou chrétien, mais nous cherchons à donner une vision humaine et religieuse de ce qu’est la vie ».

Mgr Pittau a ensuite affirmé que cette nation a été « capable de sauvegarder sa propre tradition religieuse (bouddhisme, shintoïsme, et autres petites sectes traditionnelles) en réussissant ensuite à accepter les protestants et à nouveau les catholiques (saint Francois-Xavier le premier, avait prêché là-bas) ».

« L’année prochaine – dit le missionnaire – 188 martyrs seront béatifiés et, je vous assure, certains ont été vraiment extraordinaires ».

« Mais peut-être – observe Mgr Pittau – n’avons-nous pas encore pénétré suffisamment le sentiment religieux japonais pour réussir à former une communauté basée sur l’esprit chrétien, sur l’amour, sur la générosité et, surtout, sur le service envers les plus pauvres ».