"Je n'ai pas une âme, je suis une âme"

Episode 13 : l'ADN

Rome, (Zenit.org) Brunor | 824 clics

Résumé : Je n’ai pas une âme : je suis une âme qui organise des atomes pour construire mon organisme. Je n’ai pas un corps et une âme : mon corps, c’est mon âme… qui organise des atomes.

Et mon chat ? Il n’a pas une âme, il est une âme, lui aussi.  (Les Hébreux bibliques précisent qu’en plus d’être une « âme vivante comme les plantes et les animaux, l’être humain a quelque chose de plus qui change tout : un ruah= souffle=esprit qui vient du Créateur lui-même.)
De même, ma plante verte et mon poisson rouge, sont des âmes (vivantes) qui organisent des atomes selon le plan de fabrication de chacun, écrit dans le langage de l’ADN avec l’alphabet de quatre lettres de l’ADN, ce qui permet 64 combinaisons possibles, autrement dit 64 mots. (4 puissance 3= 64). Mais trois de ces combinaisons ne servent pas à écrire un mot, et nos chercheurs se sont demandés quelque temps à quoi ces 3 combinaisons pouvaient bien servir. Ils ont trouvé : ces trois « codons » servent pour la ponctuation, ils informent le système de lecture : fin de la phrase, nouvelle phrase ! Pour éviter toute confusion. Génial non ? Tout ça existait il y a 3,5 milliards d’années et comme on ne sait pas qui l’a mis en place, pour éviter de se poser trop de questions, on a coutume de dire que ça c’est fait tout seul, par « hasard ».

Et dire qu’on croyait encore il y a quelques années que la vie pouvait commencer toute seule, de façon « naturelle » ! 
Nous sommes tellement ignorants de la complexité des organismes vivants que nous sommes prêts à croire encore que la vie peut naître … par « hasard » ! Comme disait Démocrite. Bien sûr, si la vie résultait de la simple rencontre comparable à celle d’un tube de peinture bleue avec un tube de peinture jaune, on sait bien que ce mélange n’a besoin d’aucune intelligence organisatrice pour faire du… vert. 
Louis Pasteur écrivait dans les années 1861  (je cite de mémoire) : « Si les matérialistes arrivaient à démontrer que la matière est capable de s’organiser toute seule pour produire la vie, ils auraient gagné la partie. » 
Quel est le bilan, 150 ans plus tard ? Personne n’a pu démontrer que la matière s’organise seule, mais on a réussi à nous le faire croire.
Par ignorance de la complexité du vivant nous sommes prêts à croire au Père Noël de la génération spontanée qui nous fait croire que la vie peut « émerger » comme ça. En fait, ce terme « émerger » n’est pas neutre : il appartient au vocabulaire de la philosophie d’Empédocle (-490-435), pour qui les âmes qui préexistaient déjà dans un monde invisible « émergent » dans ce monde, c’est-à-dire deviennent visibles. Selon cette philosophie, il n’y a pas de « commencement ». 
De même, on dit à juste titre d’un petit voilier d’enfant, qu’il émerge dans bassin du jardin du Luxembourg, car ce voilier –qui existait déjà- ayant sombré momentanément, avait disparu à nos yeux avant d’émerger à nouveau… Mais le bateau existait déjà : ni commencement, ni naissance.
Or, quand la première forme de vie a commencé d’exister (il y a 3,5 milliards d’années), la question n’est plus de croire qu’elle a « émergé » de la « soupe primordiale », comme si elle existait déjà dans un monde invisible selon une mythologie archaïque. 
En tout cas comme nous l’avons vu la dernière fois, aujourd’hui nos scientifiques savent beaucoup mieux qu’au XIX° siècle à quel point est complexe, le système qui a dû être inventé et mis en place pour que les premiers êtres vivants puissent non pas émerger, mais commencer d’exister. Le message est premier (et tout le système des deux langages et du traducteur pour le communiquer). Sans lui rien ne fut.
Un lycéen me fait remarquer que « tout ça c’est de la chimie monsieur, et donc les atomes se  débrouillent très bien tout seuls »… En effet,  les 4 lettres de  l’alphabet de l’ADN et les 20 lettres de l’alphabet des protéines, c’est « de la chimie » comme vous dites, jeune homme… De même que les livres d’une bibliothèque ne sont rien d’autre que de la chimie : des molécules d’encre posées sur des molécules de papier lui-même tiré à partir du bois, qui est naturel… Mais voilà, cette chimie est capable de transporter de l’information. C’est sa raison d’être. On peut s’arrêter à cette « matière » et déclarer : il n’y a que ça dans un livre. La matière est seule et elle s’organise toute seule. Mais nous savons qu’en réalité, si deux livres semblent absolument identiques du point de vue de la matière qui les compose, le message contenu, lui est radicalement différent. "L’Odyssée" n’est pas "Blanche neige" ! Il a fallu placer les lettres dans un certain ordre informé pour composer des mots compréhensibles qui vont composer des phrases lisibles, capables de transmettre un message, lui aussi intelligible. La matière est identique, les messages sont différents.
La chimie de l’encre et du papier a certainement autant de difficulté à s’écrire toute seule que les instructions de l’ADN qui commandent à la couleur de mes yeux, de mes cheveux, de ma peau, et qui précisent  noir sur blanc, si je suis masculin ou féminin, et si j’appartiens à l’espèce humaine ou à celle des hamsters…