Jean d'Avila docteur de l'Eglise, lumière pour une Europe en crise

Assemblée du CCEE, analyse du card. Rouco Varela

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Anita Bourdin

ROME, vendredi 5 octobre 2012 (ZENIT.org) – Saint Jean d’Avila sera proclamé docteur de l’Eglise le 7 octobre par Benoît XVI à Rome : son enseignement constitue une lumière pour une Europe en crise, affirme l’archevêque de Madrid, le cardinal Rouco.

Le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, qui est aussi président de la Conférence épiscopale espagnole, a en effet participé à l’assemblée plénière du Conseil des conférences des évêques d’Europe, qui s'est tenue en Suisse, à Saint-Gall (27- 30 septembre).

A une question de Zenit sur la prochaine proclamation par Benoît XVI de saint Jean d’Avila (1499/1500-1569) comme docteur de l’Eglise, le 7 octobre,  en même temps que sainte Hildegarde de Bingen (cf. Zenit du 26 septembre 2012), l’archevêque l’a salué comme « un grand prêtre espagnol » et comme un « précurseur », aussi pour le IIIe millénaire.

Et d’expliquer : « Le XVIe siècle a été un siècle de concile, de renouveau, de réforme, face à une crise européenne très grave. L’Europe a été brisée, non seulement du point de vue politique, mais aussi spirituel et ecclésial. Mais à l’intérieur de cette histoire, il y a eu des figures qui ont nourri les sursauts de l’Esprit, et l’une d’elle a été saint Jean d’Avila ».

L’archevêque a insisté sur cette grande figure « de prêtre », qui a été « confesseur et directeur spirituel de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse de Jésus, le fondateur de collèges pour les universitaires, directeur spirituel et apôtre de beaucoup ».

Plus encore, en Espagne, a fait observer le cardinal Rouco Varela, on l’appelle « l’apôtre de d’Andalousie » et « l’hymne que nous chanterons samedi, si Dieu le veut, dit ceci : Apôtre de l’Andalousie, le peuple de Dieu t’acclame ».

A propos de l’actualité de l’enseignement du nouveau « docteur » pour le XXIe s., le cardinal recommande le passage aux travaux pratiques et de « suivre le chemin de saint Jean d’Avila, de renouveau spirituel, de renouveau intérieur, de prière profonde, en relation avec la grande expérience chrétienne du mystique ».

Puis, faisant allusion à la célèbre provocation du théologien Karl Rahner – le christianisme du XXIe s. sera mystique ou ne sera pas – l’archevêque a lancé ce défi aux baptisés : « Il le sera ou il ne le sera pas ? »


Ce défi concerne en effet spécialement l’Eglise en Europe, au moment où les évêques sont réunis à Saint-Gall pour diagnostiquer les causes de la crise et proposer de remède. Ils ont fait observer notamment que les vraies racines de la crise économique et financière sont morales et spirituelles, plus précisément encore, concernent l’homme et la conception qu’en a la société : la crise est « anthropologique ».

Ainsi, à propos de la crise en Europe, le cardinal Rouco a reconnu que « tous la vivent, au niveau des familles, des différents secteurs de la société, des histoires personnelles ». Puis il a  diagnostiqué : « La crise est profonde. Elle n’est pas seulement économique, mais aussi morale et, au fond, c’est une crise spirituelle, qui vient de loin : on peut même identifier les points clefs qui l’ont engendrée ».

Pour l’archevêque espagnol, qui a notamment accueilli le pape Benoît XVI à l’occasion de la Journée mondiale de la Jeunesse à Madrid en 2011, la société a en quelque sorte ignoré l’expertise du magistère de l’Eglise, ce qui a produit « une Europe qui n’est pas capable de donner la vie, sans enfants, où les personnes âgées sont une majorité ». « Les péchés se payent », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Sans histoire de sainteté, il n’y a pas d’histoire de crises surmontées ».