Jean-Paul II condamne l'assassinat de dix otages en Colombie

Au moment où l'Eglise relance la "réconciliation nationale"

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CITE DU VATICAN, Lundi 5 mai 2003 (ZENIT.org) - Le pape a en effet adressé un télégramme de condoléances à la nouvelle de l'assassinat - par des guérilleros des Farc - d'un gouverneur, d'un ancien ministre et de huit militaires, séquestrés lors d'une tentative de rançon avortée.



Les corps du gouverneur d'Antioche, Guillermo Gaviria, 41 ans, de l'ancien ministre de la Défense, Gilberto Echeverri, 66 ans, et des militaires ont été retrouvés lundi, une balle dans la nuque ou derrière l'oreille, dans une zone désertique de Murindo, dans la province d'Antioche, à 400 km au nord est de Bogota.

Dans le télégramme adressé par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'Etat, au nom de Jean-Paul II, le pape dit sa peine à la nouvelle de cet "attentat exécrable" et redit sa "réprobation énergique pour ces actes de terrorisme qui attentent à la coexistence pacifique et offensent les sentiments les plus profonds de l'être humain".

Le pape prie pour les défunts et demande à Dieu d'accorder sa consolation et d'inspirer des sentiments de concorde à ceux qui pleurent les tragiques conséquences de la violence.

Jean-Paul II encourage le peuple colombien à "continuer sa marche vers la pacification tant désirée".

Le gouvernement affirme qu'au cours d'une opération menée par 75 militaires arrivés par hélicoptère, en vue de libérer les personnes enlevées, il n'y a pas eu de combats. Mais les Farc affirment que les morts ont eu lieu lors d'un affrontement et rejettent la faute sur le gouvernement.

En tout ce sont quelque 3.000 personnes qui ont été enlevées et séquestrées l'an dernier en Colombie qui détient le triste record mondial dans ce domaine.

Et 70% de ces enlèvement sont attribués aux Farc, la guérilla communiste la plus ancienne et la plus nombreuse du continent américain avec quelque 17.000 combattants.

La Colombie compte plus de 40 millions d'habitants, et ce conflit ensanglante le pays depuis près de 40 ans, faisant mille morts par an. Le pays est sous le choc de cette nouvelle tragédie. Le président fait appel à l'aide de la France.

Ces nouveaux assassinats surviennent au moment où le président du conseil pontifical Justice et paix, Mgr Renato Martino, vient d'ouvrir, le 5 mai, à Bogota l'assemblée de réconciliation nationale.