Jean Paul II, législateur de l'Eglise

Un autre visage du bienheureux Wojtyla

| 1043 clics

ROME, jeudi 22 mars 2012 (ZENIT.org) –  La fondation Jean Paul II de Rome organise ces jeudi 22 et vendredi 23 mars, à Lugano, en Suisse, un grand congrès international sur le bienheureux Jean Paul II et son rôle de « législateur », au regard des changements apportés au droit canonique sous son pontificat (1978-2005).

« Jean Paul II : législateur de l’Eglise »  est le titre du colloque présidé par le cardinal Stanislas Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs et de la Fondation Jean Paul II, en collaboration avec l’institut international de Droit canonique et de droit comparé des religions (DiReCom) de la faculté de théologie à Lugano, dirigé par le prof. Libero Gerosa.

Chercheurs et spécialistes du monde entier sont invités à débattre sur « les fondements anthropologique et ecclésiologiques de l’activité législative de Jean Paul II », « les nouveautés de l'activité concordataire de Jean Paul II », et « les deux codes (de l’Eglise latine et des Eglises orientales catholiques : CIC et CCEO) et les ouvertures œcuméniques de Jean Paul II », selon les trois thèmes des sessions prévues au programme.

Une conférence du cardinal suisse Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens est également prévue sur le thème : « L'activité législative de Jean Paul II et la promotion de l'unité des chrétiens ».

En toile de fond, le nouveau code de droit canonique de l’Eglise de rite latin (CIC), et le code des Eglises orientales (CCEO) en communion avec Rome, que le pape polonais a promulgués, l’un en 1983 et l’autre en 1990.

« Jean Paul II a toujours conçu le Droit canonique et le Code de Droit canonique de 1983 comme un document complémentaire du Concile Vatican II, et donc comme le premier document de la nouvelle évangélisation », a déclaré le prof. Gerosa.

Et sa « préoccupation », a-t-il poursuivi, étroitement liée à son histoire personnelle, était que « l’Eglise respire toujours avec deux poumons: celui de l’Occident et celui de l’Orient ». Si bien, a-t-il expliqué,  qu’il insistait beaucoup sur « l’importance de respecter jusqu’au bout les différentes traditions et de développer des échanges à l’intérieur même de cette diversité ».

Ce colloque a donc pour but de mettre en lumière « sa manière de concevoir et d’interpréter le droit international, le droit entre les peuples », a-t-il ajouté, sachant que Jean Paul II était aussi un poète et que sa grande expérience littéraire et de poète a certainement « influencé » son regard sur l’homme et donc sa façon de concevoir le droit et le droit canonique.

 Jean Paul II est un homme du Concile, a rappelé le prof. Gerosa, il insistait donc beaucoup sur « l’Eglise comme communion », mais cela n’a jamais voulu dire qu’il laissait « l’Homme-individu, l’homme-concret »  dans l’ombre.

Ceci explique, selon le directeur du DiReCom, que Jean Paul II, dans son grand processus de codification, ait fait entrer un « nouveau sujet principal « dans tout le système juridique de l’Eglise, qui n’est plus, comme en 1917, le clergé, mais les Christi fideles, selon le code de 1983, les fidèles du Christ.

Car « fidèle » ne veut pas dire « laïc », a-t-il précisé : le fidèle est «  la figure juridique qui émerge des pas du Christ et sera envoyé dans n’importe quel secteur de la vie ecclésiale : clergé, vie consacrée, laïcat ».

Parmi les intervenants, on peut relever la présence de personnalités comme le philosophe italien Francesco D’Agostino, président honoraire du comité national pour la bioéthique ; Madame Ombretta Fumagalli Carulli, première femme en Italie à être titulaire d’une chaire universitaire de droit canonique et première femme élue par le Parlement italien au Conseil supérieur de la magistrature.

Mais seront également présents : le prof. Giuseppe Dalla Torre, président du tribunal de l’Etat de la Cité du Vatican et Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs.

Malgré la présence de grands spécialistes, le congrès affrontera aussi des thèmes qui intéresseront le grand public, par exemple, « l’Eglise catholique et la communauté européenne chez Jean Paul II ».

Sur ce point, le directeur du DiReCom, rappelle que ce colloque ne s’adresse pas seulement aux experts scientifiques mais également aux responsables politiques et à tous ceux qui « se soucient réellement du bien commun ».

Jean Paul II a eu une influence sur l’Europe avant même d’avoir été pape, a-t-il rappelé, lorsqu’il était évêque, voire même lorsqu’il était un jeune prêtre, mais surtout lorsqu’il était jeune universitaire et n’avait pas encore décidé d’être prêtre.

« Son amour pour la formation de la conscience de chaque individu », a-t-il expliqué, était bien connue : pour « une vraie formation fondée sur des valeurs solides ». 

« J’ose affirmer, a déclaré le prof. Gerosa, que « dans cette optique de Jean-Paul II la grande crise des démocraties occidentales actuelles ne dépend pas de leur incapacité à faire entrer les jeunes dans le processus décisionnel, mais de leur incapacité à transmettre les valeurs sur lesquelles une démocratie doit inévitablement se fonder ».

« On a comme l’impression que les valeurs ne sont que le marché, la finance ou n’importe quoi d’autre mais pas ces choses qui touchent concrètement les jeunes », a conclu le directeur de l’institut international de Droit canonique et de droit comparé des religions.

La fondation Jean Paul II de Rome, constituée en 1981 par le pape polonais, a pour but de soutenir et de réaliser des initiatives liées à son pontificat, ayant un caractère éducatif, scientifique, culturel, religieux et caritatif.

Traduction d'Isabelle Cousturié